BACON et la labellisation des données : à quelle aune mesure-t-on la qualité d’un fichier KBART ?

rvb-sloganLa recommandation KBART  , portée par la NISO, a une immense qualité : elle est relativement simple à comprendre et à implémenter. Un fichier KBART doit répondre à des exigences très peu contraignantes de prime abord : des intitulés de colonnes normalisés et parlants (‘publication_title’, ‘first_author’, …), une sortie sous la forme d’un fichier .txt, format universel s’il en est, encodage en UTF-8,… Faire un fichier KBART à la main  n’est donc pas compliqué en soi. La première vérification faite  à l’ABES consiste donc à vérifier que le fichier fourni par un éditeur remplit bien toutes les obligations pour qu’il soit conforme à la recommandation KBART. Sans entrer dans les détails de la recommandation, soulignons ici que nous sommes particulièrement vigilants sur les points suivants :

•    Nom du fichier normalisé (Editeur_consortium/région_package_date.txt)
•    Encodage UTF-8
•    Fichier tabulé (.tsv, .csv, .ssv)
•    Présence des 25 colonnes obligatoires
•    Colonnes correctement nommées
•    Colonnes correctement remplies (respect de la norme ISO 8601 pour les dates, de la description de la volumaison, des valeurs fermées le cas échéant,…)

Les difficultés émergent lorsque l’on essaye de confronter la simplicité apparente de la recommandation avec la réalité, parfois tordue il est vrai, des plates-formes   de périodiques et ou de livres en ligne. KBART est simple, simpliste si on le compare au MARC. La version 2 de la recommandation améliore sa précision (prise en compte des livres électroniques, de l’open access, de l’histoire d’un périodique), sans doute au détriment de sa facilité d’implémentation qui heureusement reste élevée, mais elle n’est toujours pas en mesure de décrire les cas complexes  .
Ce n’est pas un problème en soi : KBART se focalise sur l’accès à des ressources qui peuvent – et doivent – être décrites dans des formats adaptés si on veut en présenter toute la richesse et la complexité. Pour autant, pour que cette complémentarité     entre description bibliographique (MARC) et métadonnées permettant l’accessibilité aux documents (KBART) puisse se faire, deux éléments sont impératifs au niveau du fichier KBART:

•    La description de l’accès à la ressource doit être pertinente : le champ title_url doit effectivement pointer vers la ressource, le champ title_id doit permettre de comprendre comment se structurent les liens d’accès aux volumes, fascicules, articles ou chapitres de la ressource.
•    Les identifiants utilisés (ISSN et ISBN) doivent être corrects et le découpage de l’histoire d’une revue en ses différents avatars doit se retrouver en ligne, comme d’ailleurs le stipule une autre recommandation, PIE-J.

L’analyse effectuée par l’ABES pour vérifier la qualité de ces données débouche sur un diagnostic transmis à l’éditeur qui sait alors précisément par où ses métadonnées pèchent. S’ensuit un dialogue avec ce dernier, voire un accompagnement de ses équipes techniques qui doit aboutir à une mise à jour de la plate-forme, processus qui peut être long et difficile (sous-traitance, restructuration de certains contenus,…). A l’issue de ce dialogue et au vu des améliorations apportées par l’éditeur, l’ABES peut alors attribuer le label de qualité de données, preuve de l’engagement de l’éditeur dans sa démarche globale d’amélioration de description et de signalement de son contenu. Si un éditeur ne peut que fournir un fichier KBART syntaxiquement correct mais ne respectant pas les recommandations plus fines de description, il verra ses fichiers intégrés dans BACON  tels quels et sans label, puisqu’il n’est pas question de modifier les fichiers se rapportant à des produits en abonnement courant.
La démarche est un peu différente pour les bouquets ISTEX. Dans ce cas, les fichiers KBART sont générés non pas par l’éditeur mais par l’équipe du Hub de métadonnées de l’ABES. Les découpages de revues qui ne sont pas présents sur le site de l’éditeur sont quand même indiqués sur le fichier KBART  . L’inconvénient de cette pratique est que la matière première utilisée, les listes contractuelles et le SUDOC, ne permettent pas par exemple de retrouver systématiquement toutes les informations de volumaison , notamment le numéro du premier volume/fascicule appartenant à une revue que l’éditeur n’a pas identifié comme telle (l’équipe du HUB est cependant en train de tenter de régler ce problème en agrégeant les informations trouvées dans les métadonnées d’articles). Son avantage en revanche est de pousser les éditeurs à s’interroger sur leurs pratiques  et à les faire éventuellement évoluer, comme est en train de le faire la Royal Society of Chemistry. En ce sens la démarche adoptée par le HUB rejoint celle de BACON.

Dans un prochain billet, nous expliquerons en détail comment nous réalisons les différentes vérifications.

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CheckSUDOC, un nouvel outil de contrôle qualité des notices du SUDOC

CheckSUDOC est une nouvelle application en ligne développé en PHP  permettant d’effectuer un contrôle qualité sur les notices du SUDOC. Ce contrôle peut être effectué chaque jour une fois vos notices bibliographiques importées dans votre SIGB local.

Le fonctionnement est simple. Il s’agit de saisir une liste de PPN (identifiants des notices du SUDOC), un par ligne, et de lancer le traitement. Il existe deux modes d’affichage des résultats : simple et avancé.

Formulaire de Check Sudoc

Formulaire de Check Sudoc

Quelles vérifications sont effectuées sur chaque notice ?

 CheckSUDOC  :

  • contrôle la cohérence des années de publication saisies dans les   zones Unimarc  100  et 210 (sous-champ $d)
  • vérifie si une zone 410 (« appartient à la collection ») est présente à partir du moment où une zone 225 (« collection ») existe dans la notice
  • vérifie également la cohérence entre les champs 181-182  (« type de contenu et type de médiation ») et le sous-champ 200$b (« Indication générale du type de document »). CheckSUDOC indique si un 200$b est présent dans la notice alors que avez saisi des zones 181 et 182. En effet, à partir du 4 novembre 2014, les zones 181 et 182 se substituent à la sous-zone 200$b.
  • contrôle les vedettes matière (zones 601,602,604,605,606,607,608) ainsi que les mentions de responsabilité ( zones 700,701,702). Il vérifie en particulier la présence de liens vers les notices d’autorité qui se trouvent dans le sous-champ $3. Pour les auteurs, CheckSUDOC vérifie si le code fonction est présent ou pas.

Comment exploiter le rapport d’erreur envoyé par CheckSUDOC ?

En mode avancé, les résultats sont affichés dans un tableau dans lequel les anomalies sont signalées en rouge.

Visualisation des anomalies détectées

Visualisation des anomalies détectées

 

A partir du tableau, il est possible de visualiser la notice bibliographique dans un format abrégé en cliquant sur le numéro de PPN.  Pour chacune des zones Unimarc, il est possible d’en afficher le contenu.

Visualisation d'une zone 606

Visualisation d’une zone 606

 

En mode simple, les résultats sont présentés textuellement  sans possibilité de rebonds. Les anomalies  sont signalées en rouge.

Présentation des anomalies en "mode simple"

Présentation des anomalies en « mode simple »

En mode simple comme avancé, les résultats peuvent être téléchargés dans un fichier csv pour être exploités dans un tableur.

Plus de fonctionnalités … ?

ChekSUDOC est un outil évolutif. D’autres contrôles pourront être ajoutés sur la base de vos suggestions.

Pour utiliser CheckSUDOC : http://domybiblio.net/check_sudoc/

 

CheckSUDOC est développé par Yves Tomic, Ingénieur d’études à l’Université Paris Dauphine.

 

 

 

Un chantier qualité sur les n° FRBNF multiples

Dans un catalogue de bibliothèque, quel qu’il soit, chaque notice dispose de son propre identifiant. Dans le Sudoc, c’est un numéro appelé « PPN ». Il identifie les notices bibliographiques et les notices d’autorités.

Ces dernières, dans l’environnement BnF, disposent de leurs propres identifiants : les numéros FRBNF, visibles en zone 001 des notices BnF.

Lorsqu’un catalogueur Sudoc ne trouve pas une notice pour le point d’accès qu’il veut normaliser, il a l’opportunité de chercher si une notice pour cette autorité existe dans la base d’appui (=DIS CHE de WinIBW) où l’on trouve les notices d’autorité de la BNF, laquelle nous les offre gracieusement depuis l’origine du Sudoc.

Sinon, il devra la créer nativement dans le Sudoc.

Dans le cas où il la trouve dans la base d’appui, la commande F5 lui permet de dériver la notice : celle-ci se voit alors dotée d’un PPN et l’identifiant FRBNF passe de la 001 notice BNF à la 035 notice Sudoc. Au moment de dériver, la question de conserver ou pas le numéro FRBNF se pose.

Faut-il conserver le n° FRBNF ?

Cas n° 1 : S’il s’agit de décrire la même personne, la même entité, le même concept dans l’environnement « Sudoc » que dans l’environnement « BnF », il est logique de le conserver. En conservant ce numéro, on indique à tout système qui viendrait « lire » la notice Sudoc : « cette notice a une jumelle dans l’environnement BnF, c’est ce n° FRBNF qui te permettra au besoin de l’identifier et de reconstituer la paire« .

Cas n° 1

Cas n° 1 : dériver pour décrire une même personne

Cas n° 2 : S’il s’agit de dériver la notice BnF pour s’en servir, dans l’environnement Sudoc, comme d’un modèle pour la création d’une personne, d’une entité, d’un concept qui, au final, sera différent, il est logique de ne pas conserver ce n° FRBNF. Après sa validation dans le Sudoc, la notice d’autorité produite s’avèrera différente de celle qui, par commodité, aura servie de modèle. Elles ne sont pas jumelles, il n’y aura jamais lieu de les apparier.

Cas n° 2

Cas n° 2 : dériver un modèle pour décrire une autre personne

Il arrive cependant que des catalogueurs, dans cas n° 2, négligent de supprimer la zone 035 de la notice utilisée comme modèle. Et après validation, il est délicat de revenir en arrière (seuls les logins de type TA disposent désormais de cette habilitation). La notice d’autorité Sudoc hérite alors d’un numéro identifiant BnF  :

  • qui n’a rien à voir avec l’entité qu’elle décrit,
  • qui peut se trouver ailleurs, dans une autre notice d’autorité Sudoc  créée dans le cas n° 1 où sa présence est justifié.

On se retrouve alors en présence de notices qui ne sont pas des doublons (elles décrivent bien des entités différentes) mais qui, pour être distinctes l’une de l’autre, conservent néanmoins un n° FRBNF identique. Ce sont des « doublons de FRBNF ».

2 notices distinctes avec un FRBNF commun

2 notices distinctes avec un FRBNF commun

Combien de notices étaient dans ce cas ?

En septembre 2014, l’ABES en a dénombré quelques centaines (auxquelles il convient d’ajouter des « vraies » notices doublons, créées par copies intempestives ou suite à une recherche négligée).  Pourtant, en décembre 2013, l’ABES avait déjà procédé à un nettoyage. Ces centaines de « doublons FRBNF » avaient été créés au cours des 8 derniers mois !  Il y avait une certaine urgence à alerter le réseau, pour éviter l’hémorragie et pour sensibiliser à la question des identifiants.

Une prise de conscience sur l’importance des identifiants.

La question des identifiants (PPN, FRBNF, etc.) est de plus en plus présente dans les priorités de l’ABES car ils interviennent dans les alignements de « nos » données avec celles d’autres catalogues, à commencer par nos applications STAR, STEP ou Calames et plus loin BNF, VIAF, ISNI. En effet, les identifiants contenus dans les notices sont bien souvent l’unique clé permettant à une application extérieure de venir retrouver les informations des autorités du Sudoc.

En octobre 2014, 74 correspondants Autorités d’établissements identifiés comme ayant créé une ou plusieurs notices d’autorité « avec FRBNF multiples » ont été invités à rectifier ces anomalies, à l’aide d’un fichier listant les n° PPN des notices concernées et de consignes de résolution :

  • s’il s’agit d’un vrai doublon : signalement sur le guichet ABESstp pour traitement par l’ABES
  • s’il s’agit d’une notice avec un FRBNF qui n’a pas lieu d’être présent : suppression de l’intrus en zone 035

Un réseau très réactif !

Il faut ici saluer la promptitude, voire l’enthousiasme avec lesquels les établissements concernés se sont empressés de répondre à notre invitation. Seulement 3 jours après le lancement du chantier, déjà 33 % des notices concernées avaient été vérifiées. Cet élan a été freiné par l’impossibilité technique de supprimer la zone 035 pour les détenteurs d’un login de type TA (groupe des « tcatalogueurs », soit les correspondants Autorités). Elle a été levée, en élargissant les habilitations liées à ce login, et le travail a pu alors reprendre.

Pour ce chantier, le risque ne résidait pas dans le nombre de notices à traiter, mais dans le mode de traitement. Contrairement aux précédents chantiers qualités (voir ici et ), le travail de correction ne reposait pas uniquement sur l’ABES : le réseau devait participer. Il a répondu présent ! Cette réactivité atteste non seulement de l’intérêt des correspondants Autorités et de leurs équipes pour les questions liées à la qualité des données, mais plus globalement de la vitalité du réseau, ainsi que de sa modernité. L’enjeu majeur de ce chantier a bien été perçu : il s’agit de ne plus concevoir nos données dans un contexte isolé, mais comme appartenant à un écosystème où elles vivent, s’échangent et interagissent.

Un chantier « qualité » sur les données d’autorités

C’est un chantier modeste par le volume des notices concernées, mais important par ses impacts, que nous mettons ici en lumière.

Dans les notices d’autorités de la base Sudoc, les zones Unimarc 5XX permettent de faire des liens vers d’autres notices (lien de type « Voir aussi »). Sur un affichage public, cela se matérialise ainsi :

Notice d'autorité avec zones 5XX

Le bloc 5XX du format Unimarc Autorités prévoit 8 étiquettes différentes, chacune devant contenir un lien vers une notice d’autorité spécifique : l’étiquette 500 doit pointer  vers une notice d’autorité « Personne physique » (Tp), l’étiquette 510 vers une notice d’autorité « Collectivité » (Td), l’étiquette 515 vers une notice d’autorité « Nom géographique » (Tg), etc.

Le chantier a donc consisté dans un premier temps à vérifier ces liens, dans un second temps à rectifier l’étiquette lorsqu’elle avait été utilisée à mauvais escient.

Par exemple, dans toutes les notices où un lien en 550 pointait vers une notice autre qu’une « Autorité nom commun » (Td), il a fallu intervenir pour rétablir un catalogage conforme aux préconisations de l’Unimarc A (dans la notice liante et parfois dans la notice liée).

De tels liens erronés peuvent avoir de multiples sources : erreur de catalogage, mais aussi non répercussion de mises à jour effectuées par la BnF dans son catalogue sous la forme d’un changement de typage dans l’autorité liée.

Un exemple concret :

L’autorité Td Symbolisme dans la Bible est devenue Tu Bible — Symbolisme.

Pour des raisons techniques, la notice liée Td Lumières et ténèbres dans la Bible, mise à jour côté BnF, n’a pas été refournie au Sudoc qui a conservé une étiquette de lien 550 vers Bible — Symbolisme, alors qu’une étiquette 530 s’imposait désormais.

Il en a résulté un défaut d’affichage dans le Sudoc d’une part ; des anomalies dans les exports, bloquantes pour certains SIGB, d’autre part.

Ce chantier a concerné quelques centaines de notices d’autorité.

À l’échelle du catalogue Sudoc, c’est heureusement peu.

Il fallait pourtant le faire, pour la raison évoquée ci-dessus et au moins pour 3 autres, au-delà de l’intérêt pour le travail bien fait :

  1. les notices d’autorités jouissent désormais d’une grande visibilité, via l’application web IdRef  : elles doivent être impeccables ;
  2. elles sont alignées avec d’autres référentiels nationaux ou internationaux : nous nous devons d’exposer des données fiables ;
  3. elles sont exportables vers d’autres applications, dans d’autres formats, dont l’ABES ne pourrait contrôler l’affichage, s’il s’avérait erroné.

 

Un chantier « qualité » sur le 200$b

Avant (mars 2014), dans le Sudoc,  8 700 000 notices avaient une sous-zone 200 $b.

Sauf que celle-ci, qu’un catalogueur peut saisir à la main (même si, rappelons-le, un script « Ajout Texte imprimé » est disponible), contenait des valeurs très … différentes et hétéroclites.

Quelques exemples d’occurrences trouvées, pour la seule valeur « Texte imprimé » :

  • texte imprimé (dans 48.116 notices)
  • Texte imprimée (dans 1.051 notices)
  • TEXTE IMPRIME (dans 785 notices)
  • Texte imprimét (dans 515 notices)
  • Texte imrimé (dans 477 notices)
  • Texte imprimé. (dans 230 notices)
  • Texteimprimé (dans 136 notices)
  • Texte impriméé (dans 28 notices)
  • Etc.

Quelques exemples d’occurrences trouvées, pour la seule valeur « Document cartographique » :

  • Document cartographiquee (dans 6 notices)
  • Document cartographiques (dans 6 notices)
  • Documents cartographiques (dans 6 notices)
  • Document cartograpgique (dans  4 notices)
  •  Document carthographique (dans  4 notices)
  •  bDocument cartographique (dans  4 notices)
  •  Document cartopographique (dans  4 notices)
  •  documents cartographiques (dans  4 notices)
  • Etc.

D’autres valeurs ont été trouvées, telles que :

  • Images animées] : Préparation aux agrégations d’EPS et à la maîtrise STAPS  » Education et motricité
  • Texte impriméA documentary history of Tibet’s international status, the great rebellion and its aftermath

… dans des notices où l’oubli de saisie du « $ » de la sous-zone suivante enregistrait la chaine de caractères entière comme une « valeur » du 200$b !

Au total, près de 8400 valeurs incorrectes différentes de 200 $b ont été trouvées, pour plus de 126 000 notices bibliographiques.

Les multiples valeurs du 200$b

Les multiples valeurs du 200$b (image par Teillas, CC-BY-NC-ND via Flickr)

Aujourd’hui, après recensement et corrections de masse : 9 086 557 notices ont une sous-zone 200 $b.

Elles se répartissent ainsi :

Valeur Nombre d’occurrences
Texte imprimé 7760910
Ressource électronique 764481
Enregistrement sonore 180184
Images animées 152571
Document cartographique 68521
Microforme 65488
Musique imprimée 44882
Multimédia multisupport 37878
Image fixe 9849
Texte manuscrit 1388
Musique manuscrite 287
Braille 71
Objet 54
Document cartographique manuscrit 3

La table de validation du Sudoc contrôle désormais qu’aucune autre valeur ne peut être saisie.

Ce chantier « qualité » permettra d’appréhender sereinement les modifications de masse à envisager lorsque les zones Unimarc 181 et 182 apparaîtront, qui conduiront à la suppression définitive de ce 200$b.

Une zone 309 pour coordonner le travail collectif sur la qualité des données Sudoc

Au moment du chargement de nouvelles notices ou à l’occasion d’un chantier de contrôle qualité, l’ABES peut être amenée à effectuer des modifications de masse pour améliorer ou corriger des notices. Hélas, tout n’est pas automatisable – surtout si on tient à conserver un certain niveau de qualité bibliographique. Une fois que les algorithmes ont parlé et atteint leurs limites, l’ABES passe le relais au réseau, qui possède la force de frappe et l’expertise humaine pour continuer le travail, ne serait-ce qu’en se concentrant sur l’essentiel ou le prioritaire.

Mais, précisément, qu’est-ce qui est essentiel ? Qu’est-ce qui est prioritaire ? Sur quelles notices faut-il que le réseau se mobilise ? Et sur quels points précis dans les notices ? Étant donné la taille de la base, le volume des entrées et la richesse des règles, chaque catalogueur, chaque service de catalogage peut se sentir perdu devant l’ampleur de la tâche. C’est pourquoi l’ABES souhaite structurer d’avantage l’organisation de cet immense travail collectif. Cette volonté se traduit aujourd’hui sous une forme très concrète : la zone 309…

309_en_chantier
Cette « note d’information interne au Sudoc » existait déjà, mais elle ne possédait qu’une sous-zone ($a) :

309 ##$aCORRIGER LE(S) CODE(S) DE FONCTION = 000 EN 7XX, L7XX et/ou E7XX. SUPPRIMER LA PRESENTE NOTE 309 UNE FOIS LA (LES) CORRECTION(S) EFFECTUEE(S)

Elle est désormais structurée, ce qui permet une meilleure exploitation.

309 et ToDoList

Ainsi, dans le cadre des travaux du hub de métadonnées sur les ebooks de droit international achetés dans le cadre d’ISTEX, certains traitements automatiques ont permis d’enrichir les données, notamment en ajoutant des liens aux autorités auteur. Quand le programme n’a pas su identifier la bonne autorité, une zone 309 a été injectée dans la notice bibliographique concernée, pour inciter les catalogueurs à poursuivre le travail et les guider.

309 ##$aLE(S) LIEN(S) AUTORITE AUTEUR RESTE(NT) A CREER. SUPPRIMER LA PRESENTE NOTE 309 UNE FOIS LA (LES) CORRECTION(S) EFFECTUEE(S)$bBRILL-RADI-LN$d2014-04-09 11:15:01.894

Dans la sous-zone $b, on trouvera l’identifiant du chantier ou du corpus auquel correspond cette zone de note. Grâce à cet identifiant précis, il est aisé d’effectuer des statistiques plus fines sur les chantiers qualité en cours, mais surtout de fournir aux catalogueurs la liste toujours à jour des notices à traiter. Pour accéder à cette liste, il suffit de se rendre à une adresse web ainsi construite :

http://www.sudoc.fr/services/chantier/ + {contenu de la $b}.

Ce qui donne, pour l’exemple précédent :

http://www.sudoc.fr/services/chantier/BRILL-RADI-LN.

A cette adresse, on récupère un fichier à ouvrir dans Excel : il s’agit d’un tableau qui liste toutes les notices à corriger, en précisant la correction à effectuer. En entête du tableau, quelques chiffres et pourcentages permettent de mesurer la progression du chantier, pour voir si on tient le bon bout… Pour des raisons de fond ou des raisons techniques, ces tableaux ne seront pas disponibles quand les 309 concerneront des chantiers qui touchent à des notices importées ou à un trop grand nombre de notices.

L’ABES propose. Le réseau dispose.

Enfin, dans certains cas, le programme a travaillé mais n’ose pas trancher. Pour reprendre l’exemple précédent, son cœur peut balancer entre deux autorités. Voire considérer que, même si une seule autorité est en lice, il serait imprudent de conclure aveuglément qu’il s’agit de la bonne. On trouvera alors en $c le(s) PPN que le programme suggère sans oser le(s) retenir. Cette liste de PPN se présente sous la forme d’une requête WinIBW :

309 ##$aLE(S) LIEN(S) AUTORITE AUTEUR RESTE(NT) A CREER. A TITRE INDICATIF, LE SYSTEME DE DETECTION AUTOMATIQUE SUGGERE PLUSIEURS PPN A DEPARTAGER. SUPPRIMER LA PRESENTE NOTE 309 UNE FOIS LA (LES) CORRECTION(S) EFFECTUEE(S)$bBRILL-RADI-LN$cche PPN1 ou PPN2$d2014-04-09 11:15:01.894

Il s’agit d’une aide à la décision pour le catalogueur, qui, s’il le souhaite, peut se contenter d’examiner les PPN proposés, sans s’attarder sur les autres PPN qu’une recherche sur le nom pourrait renvoyer.
Qu’il suive les suggestions du programme ou non, le catalogueur crée le lien manquant puis n’oublie pas de supprimer la 309 correspondante. La notice disparaît alors du tableau des notices à traiter pour tel chantier (sauf si cette notice contient une autre 309 pour ce même chantier).

Aller plus loin

Ce nouveau dispositif se veut très pragmatique. Il s’agit d’améliorer l’efficacité collective du réseau sans compliquer la vie des catalogueurs. On pourrait imaginer d’autres dispositifs et l’ABES n’exclut pas de proposer au réseau d’autres manières d’intervenir sur les données. D’avance, merci pour vos retours, vos suggestions et … votre chasse aux 309.

NB : les chantiers en cours sont listés dans la page du guide méthodologique qui documente la zone 309 : http://documentation.abes.fr/sudoc/formats/unmb/zones/309.htm.

Y. Nicolas

Colodus : coup de projecteur sur les données des exemplaires

COLODUS-03Par rapport à WinIBW, Colodus a des fonctionnalités très limitées. Colodus  propose « seulement » un habillage du format de catalogage  avec des libellés en clair pour faciliter la saisie de l’information. Mais ce « seulement » est l’occasion de se pencher sur les spécificités des données d’exemplaires.

Liés à des impératifs du système central du Sudoc, l’ABES distingue  depuis l’origine  deux formats de catalogage des exemplaires :

1/ un format spécifique aux établissements non déployés et rattachés à un centre régional du réseau Sudoc-PS,

2/ un format propre aux établissements déployés dans le Sudoc.

Aussi, Colodus applique à la lettre les règles de description et les formats de catalogage des exemplaires pratiquées dans le Sudoc depuis plus de 10 ans.

Ces règles sont empiriques et les formats sont des formats maison, sans normalisation internationale comme c’est le cas pour Unimarc ou Marc21 par exemple.

Colodus pourrait bien être l’occasion de s’interroger sur certaines pratiques  en usage. Les listes de discussion des réseaux Sudoc et Sudoc-PS pourront  permettre à chacun de s’exprimer et de faire avancer la réflexion. L’ABES sera à l’écoute de ses débats et si les formats de catalogage des exemplaires devaient évoluer, l’ABES l’implémentera dans Colodus.

N’espérez cependant pas de miracle !

Certains points de description, par exemple l’ordre de validation de codes de sous-zones sont intrinsèquement liés aux impératifs de validation de système central du Sudoc. L’ABES ne pourra pas y remédier, tant que le système central du Sudoc (CBS) est ce qu’il est.

Par contre, d’autres éléments d’ergonomie, d’affichage, voire de nouvelles fonctionnalités pourront être étudiés et l’ABES s’efforcera de faire évoluer Colodus selon vos besoins.

CPD