Accès national aux thèses de doctorat de l’UGA : réalisations et mise en œuvre

A l’université Grenoble Alpes (UGA), l’élargissement du périmètre a minima de diffusion des thèses de doctorat, prévu par l’arrêté du 25 mai 2016, a nécessité la refonte de l’outil de gestion des dépôts et des accès aux thèses intranet. L’application développée en interne pour répondre à ce nouvel impératif a été déployée au sein du SID (Service Interétablissement de la Documentation) en 2018. Pour autant, la mise en œuvre effective de ces accès à l’ensemble de la communauté universitaire n’a été effective qu’au premier semestre 2020.

Aujourd’hui, sur les quelques 900 « thèses intranet » (sur environ 7 000 thèses électroniques) des 13 écoles doctorales du site, seules les thèses soutenues à partir du 1er septembre 2016 (environ la moitié) sont concernées par l’élargissement du périmètre de diffusion à l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche. En 2020, celles-ci totalisaient 74 % des 1 128 consultations effectives des « thèses intranet ».

Mise en place d’un accès national aux thèses électroniques grenobloises

De Thares 1.0 à Thares 2.0

Développée dès 2009 – soit avant l’ouverture de theses.fr – en vue du passage au dépôt électronique des thèses à Grenoble, l’application pour la gestion des dépôts et des accès aux thèses intranet grenobloises, Thares, était alors liée à Absysnet, l’un des SIGB du site. Complexe à maintenir, il est apparu, au moment de penser la mise en œuvre de l’accès élargi aux thèses intranet, que cette solution était impossible à faire évoluer pour répondre à cet attendu.

Le choix a donc été fait de développer un nouveau Thares. Cette nouvelle mouture devait se démarquer de la précédente par une conception simple et robuste. Nous avions décidé d’éliminer tout lien avec le SIGB, de ne pas utiliser de base de données et de stocker les fichiers de thèse de façon simple et sécurisée sur les serveurs de l’université pour qu’un administrateur puisse, le cas échéant, y accéder.

Une gestion différenciée des accès aux fichiers de thèses

Ceci donne en outre la possibilité aux lecteurs extérieurs à l’université de venir consulter ces thèses dans l’une des bibliothèques universitaires du site. Pour la diffusion aux membres de la communauté universitaire des thèses soutenues après l’entrée en vigueur de l’arrêté du 25 mai 2016, nous avons estimé que l’appartenance à un établissement membre du réseau RENATER serait un critère répondant à cette condition.

 

Date de soutenance des thèses Avant l’entrée en vigueur de l’arrêté du 25 mai 2016 Après l’entrée en vigueur de l’arrêté du 25 mai 2016
Périmètre de diffusion A minima dans l’enceinte de l’établissement de soutenance. A minima dans l’enceinte de la communauté universitaire.
Modalités techniques de diffusion Reconnaissance IP : l’IP utilisée appartient aux plages IP de l’Université Grenoble Alpes. Fédération d’identité RENATER : la personne appartient à un établissement membre du réseau RENATER

Tableau 1 – Synthèse des modes d’accès aux thèses électroniques grenobloises

L’exception de copie privée

Restait à répondre à la question de savoir si nous devions – ou non- laisser  la possibilité aux utilisateurs de télécharger le fichier des thèses consultées, l’arrêté ne nous semblant pas fournir de réponse évidente. Nous avons tranché en nous fondant sur l’exception pour copie privée, celle-ci permettant à toute personne de reproduire sans autorisation une œuvre pour son usage privé.

Cahier des charges de la nouvelle application Thares

Trois fonctionnalités principales ont été retenues lors du développement de la nouvelle application Thares en 2018.

Chercher les thèses soutenues localement

Thares est un outil qui permet de rechercher les thèses soutenues au sein de l’Université Grenoble Alpes (université fusionnée, ComUE et établissement expérimental) :

  • recherche par NNT, nom d’auteur, titre, école doctorale, intervalle de dates de soutenance
  • affichage de l’état de disponibilité : libre, en intranet, en intranet avec fin d’embargo, confidentiel, inconnu … pour chaque thèse ramenée par l’outil de recherche.

Gérer les dépôts de thèses

Thares est un outil de gestion qui permet de déposer des thèses et de gérer un calendrier pour le suivi des thèses confidentielles :

  • mise en place de contrôles permettant d’éviter des erreurs de dépôt (NNT erronés essentiellement) lors du dépôt si l’accès au fichier de thèse se fait par reconnaissance IP ou par appartenance au réseau RENATER.
  • ajout, lors du dépôt du fichier, d’une première page rappelant le cadre légal de la diffusion intranet des thèses.
  • présence d’un outil simple de rappel des dates des opérations à effectuer pour le suivi des thèses confidentielles qui doivent être déposées dans Thares ultérieurement à leur signalement (à la fin de la période de confidentialité).

Gérer les accès aux thèses intranet

Thares est un outil d’accès simplifié et sécurisé aux thèses intranet :

  • chaque thèse hébergée doit être récupérable via une URL normalisée (à défaut d’être véritablement pérenne) : https://thares.univ-grenoble-alpes.fr/NNT.pdf
  • si la soutenance est antérieure à l’entrée en vigueur de l’arrêté du 25 mai 2016 (1er septembre 2016), l’application doit vérifier si l’utilisateur requête le document depuis une adresse IP autorisée. Si c’est le cas le document est délivré, sinon un message expliquant les raisons du refus est affiché.
  • si la soutenance de la thèse est postérieure à l’entrée en vigueur de l’arrêté du 25 mai 2016, l’application doit vérifier l’appartenance du demandeur à la communauté universitaire française pour autoriser l’accès au document.
  • en accord avec le RGPD, aucune information concernant les demandeurs n’est stockée. En revanche, les demandes et la suite qui y a été apportée, sont dûment enregistrées, anonymement, à des fins statistiques.

Notes de développement

Module de recherche

L’outil de recherche s’appuie sur l’API proposée par l’Abes pour accéder aux informations diffusées viatheses.fr. Sans rentrer dans le détail de la programmation, le formulaire de recherche génère une requête encodée dans une URL soumise à theses.fr. Le résultat de la requête est transmis en XML, lequel est ensuite décodé pour permettre l’affichage des informations.

Interface du module Recherche de Thares

 

Affichage des résultats d’une recherche en mode tableau

Module de gestion : interface de dépôt

Le bibliothécaire dispose d’une interface lui permettant d’uploader un fichier dont la taille peut atteindre jusqu’à 250 Mo, nommé « NNT.pdf ». Si la taille du fichier est supérieure à 250 Mo, le bibliothécaire le transmet à l’administrateur technique de Thares qui l’ajoute en SFTP sur le serveur Thares.

Le bibliothécaire choisit le type de « protection » désiré : restriction d’adresse IP ou appartenance à la communauté ESR (par défaut).

L’application utilise le nom du fichier déposé (NNT.pdf) pour récupérer dans theses.fr les informations relatives à la thèse identifiée par son NNT, puis les affiche. Le bibliothécaire s’assure que les informations affichées correspondent bien au fichier de thèse uploadé. Si le NNT ne correspond à aucune thèse, ou si la thèse existe déjà sur Thares, un message d’erreur l’indique et la tâche est annulée.

Module de gestion : interface de dépôt – étape de contrôle avant finalisation

 

Thares vérifie que le fichier a été correctement uploadé. Si c’est le cas, un module ajoute au fichier PDF une première page prédéfinie qui rappelle les conditions légales d’accès aux thèses.

Page d’avertissement ajoutée au début de la thèse

 

Le fichier est finalement placé dans un dossier correspondant à son mode d’accès : l’un rassemble les fichiers accessibles par reconnaissance IP (« accesLocal« ), l’autre rassemble ceux accessibles suite à une reconnaissance Shibboleth sur RENATER (« accesESR« , voir ci-dessous). A noter, une directive serveur interdit l’accès direct à ces 2 dossiers depuis une requête web.

L’application confirme la bonne intégration du nouveau fichier de thèse et fournit l’URL d’accès à la thèse à intégrer dans STAR.

Module de gestion : interface de dépôt – page de confirmation du dépôt

 

Module de gestion : calendrier

L’interface de l’application intègre un calendrier. Nous y reportons les NNT des thèses intranet confidentielles. Le dépôt sur Thares de ces thèses doit être réalisé à échéance de la confidentialité.

Module de gestion – calendrier

 

Module de gestion : calendrier (suite)

 

Accès aux fichiers de thèses

L’usager envoie une requête à Thares, depuis theses.fr, avec une URL de type https://thares.univ-grenoble-alpes.fr/NNT.pdf. L’application vérifie que le NNT est de la bonne forme (correspondance du code court des ED) puis détermine si le fichier NNT.pdf correspond à un fichier détenu dans l’un des deux dossiers « accesLocal » ou « accesESR« .

Si le fichier est contenu dans le dossier « accesLocal », l’application vérifie que l’IP de requête est bien dans l’une des plages autorisées (la liste des plages IP est mise à jour une ou deux fois par an). Si c’est le cas, le fichier est rendu accessible, avec un message d’avertissement sur son usage et ses restrictions de diffusion.

Si le fichier est contenu dans le dossier « accesESR », l’application demande l’exécution d’un script situé dans un dossier surveillé par Shibboleth . Ceci déclenche l’affichage du module d’identification Shibboleth qui demande successivement de choisir un établissement d’appartenance et de s’authentifier. Si ces opérations sont validées, le script demandé est autorisé à s’exécuter. Il permet de donner accès au fichier NNT.pdf, accompagné d’un avertissement sur son usage et les restrictions de diffusion qui lui sont apposées.

Accès à une thèse pour les membres de l’enseignement supérieur : étape 1

 

Accès à une thèse pour les membres de l’enseignement supérieur : étape 2

 

Accès à une thèse pour les membres de l’enseignement supérieur : étape 3

En conclusion…

L’application Thares fonctionne depuis maintenant 2 ans et donne entière satisfaction. Il est extrêmement simple – en SFTP ou SSH – d’accéder aux fichiers de thèses, pour effectuer les maintenances courantes : changement de nom, suppression d’un fichier, passage d’un fichier d’un mode d’accès à l’autre, upload d’un fichier de taille supérieure à 250 Mo, etc.

La prise en main par l’équipe du service des thèses a été immédiate et le flux opérationnel (workflow) a été allégé. Surtout, il nous permet de répondre de manière simple et efficace à l’impératif de diffusion nationale des thèses de doctorat.

 

Jean-Michel Mermet, ingénieur assistance à Maitrise d’ouvrage, responsable du développement de l’outil Thares – DGDSI UGA

jean-michel.mermet@univ-grenoble-alpes.fr

Nicolas De Clercq, responsable du Pôle gestion des thèses et appui aux doctorants – BAPSO UGA

nicolas.de-clercq@univ-grenoble-alpes.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Continuer la lecture Accès national aux thèses de doctorat de l’UGA : réalisations et mise en œuvre

STAR : des affiliations protégées lors des dépôts de thèses sur la plateforme TEL

Ce billet s’adresse aux établissements diffusant les thèses de doctorat de STAR vers la plateforme TEL.

Nouvelles consignes du CCSD pour le référentiel AuréHAL

À l’été 2020, le CCSD a diffusé de nouvelles consignes concernant le signalement des structures dans le référentiel AuréHAL. En tant que référentiel reposant sur la hiérarchie des structures, chaque structure, de même que les équipes de recherche et les laboratoires, est subordonnées à une structure de rattachement (université, ComUE, regroupement expérimental). Or, avec les nouvelles consignes du CCSD, lorsqu’une structure de rattachement disparaît ou évolue, sa fiche AuréHAL doit être clôturée, ainsi que celles de l’ensemble des structures qui lui sont subordonnées. De nouvelles fiches structures doivent ensuite être créées afin de décrire la nouvelle structure de rattachement et celles qui lui sont subordonnées.

Cette pratique diffère radicalement de celle mise en place dans IdRef, qui consiste à l’inverse à n’avoir qu’une seule notice d’autorité pour les laboratoires ou les équipes de recherche : si la tutelle évolue, cette information est  être saisie dans la notice IdRef. On se trouve donc aujourd’hui avec la situation suivante : pour un laboratoire décrit dans IdRef, il peut exister plusieurs laboratoires dans AuréHAL….

Figure 1 – Dans AuréHAL : 3 fiches pour le Laboratoire d’Informatique de Grenoble, rattaché successivement à 3 structures différentes (université fusionnée, ComUE puis établissement expérimental).

 

Figure 2 – Dans IdRef : une seule fiche n°148425550 pour le Laboratoire d’Informatique de Grenoble

 

Quelles conséquences dans STAR ?

La façon dont le référentiel AuréHAL est géré est importante pour le traitement des thèses dans STAR. En effet, pour envoyer des thèses sur la plateforme TEL, c’est l’identifiant labTEL des laboratoires et structures de recherche qui est requis dans STAR. LabTEL faisant office de « clé d’entrée » dans TEL, est envoyé une première fois par STAR au moment de la création de la notice de thèse dans TEL, puis renvoyé à chaque mise à jour effectuée dans STAR.

Figure 3 – Saisie du LabTEL dans l’onglet 4 « Incarnation de la thèse » de STAR, pour permettre la diffusion sur TEL

 

Les mises à jour STAR peuvent être effectuées :

  • manuellement par l’établissement
  • automatiquement par l’Abes lors des rediffusions de masse liées aux évolutions catalographiques
  • automatiquement par les programmes de l’Abes qui assurent quotidiennement la mise à jour des autorités dans STEP, STAR et theses.fr

Notons que les données issues de STAR écrasent systématiquement les données corrigées ou saisies directement dans TEL.

Lorsque la création des nouvelles structures AuréHAL suit immédiatement le changement de tutelle et que les catalogueurs STAR utilisent tout de suite le « labTEL » valide au moment de la soutenance de la thèse, les nouvelles consignes du CCSD ne posent pas de difficulté particulière.  En revanche, la reprise rétrospective des structures AuréHAL s’avère plus problématique. C’est dans ce sens que plusieurs chantiers ont été menés par les établissements depuis cet été avec l’aide du CCSD afin de créer rétrospectivement des labTEL et réaffilier les documents dans HAL et TEL. Malheureusement, ces corrections n’ont pas été répercutées dans STAR. Pourtant, si les labTEL sont modifiés dans AuréHAL pour des thèses déjà soutenues et traitées dans STAR, il faut impérativement reprendre la fiche STAR et la mettre à jour avec le bon labTEL. Si cela n’est pas fait, STAR renvoie dans AuréHAL un labTEL incorrect et écrase la correction effectuée par le CCSD ou par l’établissement.

Compte tenu de l’ampleur des corrections à apporter, les établissements ne peuvent effectuer les mises à jour dans STAR manuellement. De même, l’Abes ne peut effectuer ces mises à jour de manière automatique, ce qui serait techniquement faisable, bien que complexe et exigeant des moyens informatiques importants que l’équipe Thèses de l’Abes ne peut mobiliser pour ce type d’opérations de mise à jour d’identifiants.

Solution mise en place par le CCSD

Pour contourner le problème, le CCSD a proposé à l’Abes de protéger les affiliations dans TEL de la manière suivante :

  • STAR envoie un ou plusieurs labTEL au moment de la première validation de la fiche de thèse et de la création de la thèse dans TEL
  • lors des mises à jour STAR (manuelles ou automatiques), l’affiliation TEL est protégée : STAR ne peut plus ni modifier ni ajouter d’affiliation TEL. Celle-ci doit donc être modifiée directement dans TEL.

Même si elle comporte des inconvénients, cette solution, plus économique, est la seule qui ait pu être mise en place rapidement. D’autres scénarios ont été envisagés : aucun n’était pleinement satisfaisant ou réalisable à court terme.

Nouvelles consignes pour la mise à jour des affiliations dans STAR et TEL

La protection des affiliations dans TEL est désormais effective et permettra de préserver les corrections de masse effectuées par les établissements dans TEL à l’occasion des chantiers de reprise d’AuréHAL.

Se pose néanmoins la question de la gestion des mises à jour « manuelles » des affiliations effectuées par les établissements à la demande des auteurs, des laboratoires ou des équipes de recherche. En effet, il faudra désormais distinguer l’affiliation AuréHAL (onglet 4 du formulaire STAR), à corriger ou compléter dans TEL (et non plus dans STAR), de l’affiliation IdRef (onglet 2 du formulaire STAR), à corriger ou compléter dans STAR, ce qui impose une double saisie.

Continuer la lecture STAR : des affiliations protégées lors des dépôts de thèses sur la plateforme TEL

Cidemis version 3.0.0 : des améliorations à l’écoute des besoins des utilisateurs


En production depuis 2015, l’application professionnelle CIDEMIS – Circuit des Demandes ISSN est un outil de workflow dédié aux demandes de correction/numérotation ISSN des ressources continues signalées dans le Sudoc. Il a été conçu afin de fluidifier les échanges entre les bibliothèques membres des réseaux Sudoc/Sudoc-PS, le CIEPS et les différents Centres ISSN, notamment le Centre ISSN France. Les modalités de collaboration entre le CIEPS et l’Abes, de fait antérieures à la création de l’Abes, ayant été détaillées dans un précédent billet Punktokomo, il n’en sera donc pas question dans le présent billet.

Rappelons que Cidemis a été conçue initialement comme une application « one shot » – c’est-à-dire non susceptible d’évolutions majeures mais pour laquelle des améliorations peuvent être apportées pour répondre aux besoins exprimés par ses utilisateurs professionnels. Dans cet esprit, au cours de l’hiver 2018, certaines évolutions ont été réalisées principalement en vue d’améliorer le confort d’usage des catalogueurs de la BnF et du centre ISSN France, qui traitent à eux seuls plus de la moitié des demandes.

Il restait cependant à développer certaines améliorations demandées à plusieurs reprises par les responsables des Centres du Réseau Sudoc-PS, principaux utilisateurs de Cidemis en dehors du CIEPS et des centres qu’il coordonne. De plus, victime de son succès, et du nombre de demandes enregistrées, il fallait songer à «apurer» la base en archivant un certain nombre de demandes, un archivage prévu dès l’origine par les concepteurs de Cidemis comme devant être régulièrement pratiqué.

Enfin, même si l’opération est a priori transparente pour les utilisateurs, Cidemis devait bénéficier de la réécriture d’une large partie de son code, en vue d’en améliorer la portabilité et de la rendre conforme aux principes du schéma directeur informatique de l’Abes.

Continuer la lecture Cidemis version 3.0.0 : des améliorations à l’écoute des besoins des utilisateurs

Une politique de développement au service de l’ouverture et de la qualité des codes source

Dès 2015, le service Conception et Développement s’est doté d’une politique de développement reposant sur une philosophie open source. Depuis lors, celle-ci cadre les réalisations portées par le département Systèmes d’Information et du Numérique (DSIN) de l’Abes,

Partage de bonnes pratiques

Lors de la mise en place de cette démarche, les nombreux bénéfices attendus avaient en commun le fait de renforcer le travail en équipe en favorisant des pratiques communes de développement. Il s’agissait principalement de :

  • faciliter la maintenance des applications en évitant l’éparpillement dans le choix des technologies et architectures utilisées
  • coder selon des standards communs afin que chacun puisse se repérer dans les applications
  • faciliter l’intégration de nouveaux développeurs en leur fournissant un guide de bonnes pratiques
  • faciliter le respect des principes et règles en termes de sécurité en spécifiant les procédures à suivre

Aujourd’hui, ces bonnes pratiques sont largement partagées par les développeurs de l’Abes : respect des règles de codage, utilisation de branches, versionnage du code source, programmation de tests unitaires, documentation du code….

Pour consolider l’appropriation de ces pratiques, des séances de travail de type coding dojo ou pair programming sont régulièrement organisées.

Continuer la lecture Une politique de développement au service de l’ouverture et de la qualité des codes source

Identifiants : les bibliothèques ne sont pas en reste

Les identifiants forment notre pain quotidien de bibliothécaires. Tous ces sigles si opaques pour les non-initiés (IdRef, ORCID, ISSN, ISBN, DOI…), ces clés numériques cherchent à identifier, de manière unique et si possible pérenne, quelqu’un ou quelque chose, pour pouvoir échanger des informations à son propos.

Il parait donc naturel que les bibliothèques elles-mêmes, qui en sont si friandes à la fois comme productrices et consommatrices, aient leur propre identifiant. Une norme (ISO 15511, dernière mise à jour en 2019) le définit depuis 2003 : c’est l’ISIL, pour International Standard Identifier Libraries and related organisations. Et – le saviez-vous ? – en France, c’est l’Abes qui est chargée d’attribuer ces identifiants, comme agence de numérotation, et ce pour l’ensemble des bibliothèques, bien au-delà du périmètre de l’enseignement supérieur. Si les bibliothécaires seraient bien en peine de réciter de tête leur ISIL, c’est parce qu’elles et ils ignorent que ce numéro est tout simplement basé sur un autre, bien connu dans les réseaux Sudoc et Sudoc-PS : le RCR (Répertoire des Centres de Ressources).

ISIL = FR-RCR ! 

Le RCR : cette élégante suite de neuf caractères, qui permet, par sa conception, d’identifier presque au premier coup d’œil l’origine, au moins géographique, d’une action dans le Sudoc. Les RCR sont en effet des identifiants signifiants : ils réutilisent des codes. Le premier d’entre eux, le numéro de département, est le plus familier, au moins à ceux d’entre nous qui furent habitués aux longs trajets en voiture. Le second est présent sur toutes nos cartes Vitale, car il est aussi utilisé dans une portion du numéro de sécurité sociale.

Continuer la lecture Identifiants : les bibliothèques ne sont pas en reste

Eplouribousse, une application web pour dédoublonner les périodiques

Qu’il s’agisse des nombreuses fusions d’établissements, des regroupements ou  des intégrations de bibliothèques, ces opérations, souvent réalisées dans un délai restreint et avec les moyens du bord, ont généré et génèrent encore d’importantes opérations de dédoublonnages des collections. En effet,  ces opérations, qui ne reposent généralement pas sur une infrastructure déterminée, font l’objet de protocoles maisons ingénieux et plus ou moins complexes utilisant une batterie d’outils disparates (tableurs, messagerie, dépôts de fichiers…), ce qui implique des manipulations fastidieuses et potentiellement génératrices d’erreurs.

C’est dans l’objectif de faciliter ce type d’opérations que le Service des Bibliothèques de l’Université de Strasbourg a mis au point une application inédite  dédiée au dédoublonnement des périodiques : nommée Eplouribousse – du latin «e pluribus unum» ou «de plusieurs un seul», expression forgée par Virgile dans le poème «Moretum», cette application a été développée en interne par un personnel de la filière bibliothèques, en relation avec le le pôle Communication de l’établissement qui s’est chargé de son ergonomie et son habillage graphique.

Eplouribousse est actuellement utilisée dans le cadre de 3 projets de conservation partagée impliquant 8 bibliothèques de l’université de Strasbourg et d’établissements partenaires (École Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement et Institut National des Sciences Appliquées de Strasbourg).

à noter : le code source d’Eplouribousse est disponible sous licence GPLv3 à partir du GitHub de l’Abes. Chacun est invité à l’adapter, le modifier, y contribuer …

Une application web sécurisée

Application web sécurisée, Eplouribousse intègre toutes les fonctionnalités de base attendues d’un tel outil : calcul des candidats, positionnement, instruction et édition de rapports. Elle embarque son propre workflow, un outil de suivi, un module complet d’administration et d’authentification (Framework Django) et divers utilitaires, comme la recherche croisée par PPN et par bibliothèque.

Continuer la lecture Eplouribousse, une application web pour dédoublonner les périodiques

Nouvel import Sudoc : les notices du catalogue Général de la BnF par son service SRU

en résumé : les nouvelles notices du Catalogue Général de la Bibliothèque nationale de France (BnF) sont dorénavant importées de façon hebdomadaire. Le workflow mis en place par l’Abes permet leur récupération en interrogeant le service SRU (Search Retrieval via URL) de la BnF, leur traitement et leur enrichissement. Le périmètre de l’import de notices BnF s’élargit puisque les notices descriptives des documents cartographiques, les pré-notices et les notices multimédias multisupports sont également chargées en base de production. 

Jusqu’à présent, l’import des notices issues de la BnF était effectuée lors de chargements bimensuels par la récupération des fichiers déposés sur leur serveur. Depuis janvier 2021, ce chargement est remplacé par un import automatique hebdomadaire programmé chaque  mardi qui s’appuie sur  le service SRU de la BnF.

Périodicité et périmètre de l’import

Périodicité

Grâce aux workflows mis en place, les notices issues de la BnF sont versées, enrichies et mises à jour chaque semaine dans la base de production du Sudoc.

Périmètre de l’import

Ce flux conserve le périmètre de l’import bimensuel initial (monographies imprimées, ebooks, enregistrements sonores musicaux et non musicaux, documents audiovisuels). En outre, ce chargement concerne de nouvelles données : les notices des documents cartographiques et des documents multimédias multisupports ; les pré-notices.

à noter : cet import ne concerne pas les notices de périodiques, récupérées grâce à l’import ISSN ni  les autorités qui ne sont pas chargées par ce flux. 

Continuer la lecture Nouvel import Sudoc : les notices du catalogue Général de la BnF par son service SRU

Le signalement des corpus acquis sous Licence Nationale évolue !

Dans le cadre des programmes d’acquisition de corpus documentaires sous licence nationale lancés il y a 10 ans, les contrats signés avec les éditeurs prévoyaient initialement, que ceux-ci donnent accès aux ressources acquises via leurs plateformes respectives, pour une durée minimale de 5 ans, renouvelable ou non.

En parallèle, les équipes de l’Inist ont développé et alimentent la plateforme nationale ISTEX, infrastructure documentaire indépendante des plateformes commerciales. Pour leur part, les équipes de l’Abes ont signalé – dans le Sudoc ou dans les fichiers KBart mis à disposition via BACON, la base de connaissance nationale – principalement les accès aux ressources via les plateformes des éditeurs. En effet, au début, l’accès direct à un titre de revue ou d’ebook sur la plateforme ISTEX était impossible pour des raisons techniques. En cause, une différence de granularité : alors que le Sudoc et les KBart BACON signalent des titres de revues ou d’ebooks, ISTEX donne très massivement accès aux articles de revues et aux chapitres de monographies.

Or, depuis 2019, l’Inist a mis à disposition un nouveau service : la ‘revue de sommaire’. Grâce à ce dispositif, chaque ebook et chaque revue intégrés à la plateforme ISTEX disposent désormais d’une URL d’accès ‘générique’, basée sur un identifiant de type ARK, unique et pérenne.

Continuer la lecture Le signalement des corpus acquis sous Licence Nationale évolue !

Signalement dans le Sudoc des microfiches de thèses produites par l’ANRT

Pendant près de quarante ans, l’Atelier National de Reproduction des Thèses (ANRT), intégré depuis 2018 à l’Université de Lille, a constitué le maillon central de la reproduction et de la diffusion des thèses de doctorat au niveau national. L’opération consistait à microficher l’exemplaire de thèse imprimée reçue à l’atelier, à dupliquer les microfiches obtenues puis à les expédier aux bibliothèques de l’ESR afin de permettre la consultation sur place. Aujourd’hui, la collection complète des « microfiches-mères » est conservée à l’Université de Lille.

De 1972 à 2017, plus de 240 000 documents ont ainsi été microfichés, reproduisant aussi bien des thèses de doctorat d’État, de 3ème cycle, d’université, des mémoires de DEA ou de DESS, que des thèses «nouveau régime» (i.e. soutenues après la réforme du doctorat de 1984), ce qui constitue un vaste patrimoine scientifique, présent dans de nombreuses bibliothèques et encore largement utilisé.

Malheureusement, et bien que plusieurs établissements aient exprimé le besoin d’exhaustivité du signalement des microfiches dans le Sudoc, celui-ci est resté jusqu’ici très lacunaire : à peine une microfiche sur 3 était signalée. Lorsque la production de microfiches était en cours, cela aurait supposé pour y parvenir de construire des passerelles automatisées entre la base de données de l’ANRT et le Sudoc. Sur une collection circonscrite, le signalement exhaustif est bien entendu plus simple à mettre en oeuvre. Ainsi, lorsque la production de microfiche a cessé en 2017-2018, c’est donc assez naturellement que l’idée de ce chantier a émergé.

Continuer la lecture Signalement dans le Sudoc des microfiches de thèses produites par l’ANRT

Divinités et héros du monde méditerranéen antique : retour sur le projet RefDivinités

Dyonisos – Source : Européana

Il y a un an, un billet publié sur le blog Fil’Abes proposait un coup de projecteur sur le projet RefDivinités, lauréat de la 2e vague de l’appel à projets CollEx-Persée, visant à faciliter l’indexation des documents et bases de données relatifs à l’Antiquité et à rapprocher IdRef, référentiel généraliste de PACTOLS, thésaurus spécialisé en archéologie.

Sans attendre la fin du projet, ce billet présente un premier bilan des opérations menées par la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (BIS), le traitement des données dans IdRef étant finalisé depuis fin juillet 2020.

 

Une collaboration fructueuse entre chercheurs et bibliothécaires

Au lancement du projet, 23 chercheurs/ses en Sciences de l’Antiquité, plus particulièrement spécialistes des religions du monde méditerranéen antique et de ses marges, ont été sollicités pour définir le corpus. Au-delà des divinités et héros du monde méditerranéen antique, le comité scientifique a décidé d’élargir ce corpus aux entités celtiques ou germaniques connues par des sources romaines. Par ailleurs, certaines aires civilisationnelles, sous-représentées jusqu’à présent, ont fait l’objet d’un enrichissement important comme par exemple les corpus hittite ou étrusque.

 Le comité scientifique a par ailleurs été consulté à plusieurs reprises au cours du projet pour lever des ambiguïtés au sein des deux référentiels, comme, par exemple, lorsqu’il n’existait qu’une seule notice d’autorité décrivant à tort deux personnages distincts.

Des questions de vocabulaire ont également été débattues. En effet, jusqu’à présent – et sauf éventuelles évolutions normatives, les  divinités et les héros du monde antique sont traités par les catalogueurs en tant que notices d’autorité de type  «personne» alors que les chercheurs s’accordent plus volontiers sur les termes de «puissances suprahumaines» ou de «figures». Pour autant, le cap du projet n’a pas varié. En effet, RefDivinités ne se veut pas un projet encyclopédique mais bien un projet à visée catalographique destiné à mettre à disposition des professionnels de l’information des données de référence pour une indexation fine des documents, et à optimiser leur signalement dans le Catalogue Sudoc et le Catalogue Collectif Indexé (CCI) du réseau FRANTIQ.

Continuer la lecture Divinités et héros du monde méditerranéen antique : retour sur le projet RefDivinités
Aller au contenu principal