Le cercle vertueux de theses.fr : mise en relation de l’utilisateur et du producteur de données

Depuis début avril, le bouton « signaler un problème » de theses.fr présent sur les pages de thèses en préparation et de thèses soutenues permet à un utilisateur lambda d’entrer en contact avec l’établissement de soutenance responsable des données. Le Fil ABES expose le contexte de la mise en place du feedback dans theses.fr.

L. Par J.G. Park. CC BY-NC 2.0. Source : Flickr

Comment ça marche ?

Toutes les thèses en préparation et soutenues présentes dans theses.fr proviennent de deux applications alimentées par les personnels des établissements de soutenance, STEP et STAR.
La description des thèses en préparation et des thèses soutenues respecte, partiellement pour les premières, strictement pour les secondes, la recommandation TEF.
TEF exige la présence d’un élément établissement de soutenance et prévoit la possibilité d’identifier cet établissement de soutenance en recourant à un référentiel. STEP et STAR exige le recours au référentiel des autorités Sudoc IdRef. Ainsi tous les établissements de soutenance dans theses.fr sont identifiés par leur numéro PPN. Cela permet notamment de générer les pages des établissements de soutenance (comme celle-ci ou celle-là).

Indépendamment de theses.fr, l’ABES gère pour ses besoins internes une base de données recensant tous ces interlocuteurs. Cette base de données est modélisée de telle façon qu’une personne est toujours rattachée à un organisme et qu’un organisme peut être qualifié par son numéro PPN.

Une fois par semaine, une extraction de cette base interne est chargée dans theses.fr. theses.fr peut ainsi savoir pour un PPN d’établissement de soutenance donné qui est correspondant STEP ou correspondant STAR.
Par exemple, prenons une thèse en préparation à l’université de Poitiers. L’établissement de soutenance est identifié par son PPN. Quelqu’un constate une erreur sur cette page et clique sur le bouton « signaler une erreur ». Il aboutit à un formulaire où il peut décrire l’erreur et laisser ces coordonnées. L’URL de ce formulaire pour cette thèse est :
http://www.theses.fr/feedbacktheses.jsp?origine=s11831&ppn_origine=026403765&appli_origine=Step
origine=s11831 indique la page de theses.fr faisant l’objet d’une réclamation
&ppn_origine=026403765 précise le PPN de l’établissement de soutenance
&appli_origine=Step est la source des données de theses.fr

theses.fr balaye alors l’extraction de la base de données d’adresses et repère en fonction de la source et du PPN le mail du correspondant à qui doit être envoyé la réclamation. Dans cet exemple la validation du formulaire génère l’envoi d’un mail au correspondant STEP de l’université de Poitiers, avec en copie le demandeur (et en copie cachée l’ABES). Les échanges éventuels se poursuivent hors theses.fr.

Est-ce transposable ?

Ce circuit de feedback est possible dans la mesure où les projets de thèses et les thèses déposées lors de la soutenance sont toujours des objets originaux donc la description est assurée par un et un seul établissement : l’établissement de soutenance est l’unique responsable de la qualité des données.

Dans le contexte d’un outil de catalogage partagé de ressources possédées et donc décrites par plusieurs organismes, ce cercle vertueux est beaucoup plus délicat à mettre en place. Qui se sent responsable de la qualité de la notice : l’établissement qui a créé la notice ? celui qui a procédé à la dernière modification ? tous les établissements localisés sous cette notice ? A suivre…

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5 réflexions sur “Le cercle vertueux de theses.fr : mise en relation de l’utilisateur et du producteur de données

  1. Merci pour ce très intéressant billet!
    « Est-ce transposable? » => le « à suivre… » fait un peu peur à la correspondante catalogage en moi. ^_^’
    Mettre un bouton « signaler une erreur » dans le Sudoc? J’avoue ne pas être sûre d’en voir l’utilité, et en pratique, déjà tellement d’échanges sur la qualité des données entre professionnels (Sucat, Corcat…) que si l’on ajoute les échanges avec le public (certes souhaitables par ailleurs)… Bloup bloup.
    Qui est responsable de la qualité de la notice? Actuellement, ça ne peut sans doute être déterminé qu’en cas de verrouillage des notices, et ce serait l’établissement qui a verrouillé. Encourager le verrouillage?
    Il y a vraiment une équipe qui réfléchit au « à suivre »? Des abonnés à Sucat et Corcat, hein, qui n’oublient pas les messages envoyés grâce au script magique, et que l’Abes ne voit donc plus? :p

  2. @emilie « pas sûre d’en voir l’utilité » ? Ça me paraît quand même évident, non ? Qu’en pratique ce soit compliqué à mettre en œuvre, en particulier pour la question de responsable de notice j’en conviens, mais que ce soit un service intéressant pour améliorer la qualité du catalogue me paraît assez évident.

    Et dans le flux de traitement j’aurais même tendance à penser que certains des retours usagers auraient un meilleur taux « charge/amélioration » que les « échanges entre professionnels » … (comment ça j’abuse ? :))

  3. Quand je me dis « pas sûre d’en voir l’utilité » j’aurai dû dire « pas sûre que ce soit pertinent en l’état actuel des choses ». 🙂
    Améliorer une notice d’autorité personne dans IdRef, oui, il n’en existe qu’une par personne. Améliorer une notice de thèse dans Theses.fr, oui, il n’en existe qu’une par thèse.
    En ce qui concerne les notices biblios, un titre va avoir de multiples manifestations, une notice va répondre à des normes (trop) complexes qui ne relèvent pas toujours du bon sens et qui sont susceptibles d’avoir évolué dans le temps.
    L’autre problème et que le Sudoc est au départ un amalgame de multiples bases, auxquelles se sont ajoutées des rétros sur fiches par des sociétés plus ou moins compétentes, etc. Ce à quoi s’ajoutent maintenant des chargements automatiques de notices qui nous demandent plus de boulot à corriger qu’à créer.
    On n’arrive pas à régler tous les problèmes signalés entre professionnels, qui pourra s’atteler à corriger les problèmes signalés par les usagers?

    Je ne dis pas que ce n’est pas souhaitable, je dis que ça ne peut pas être mis en place si on n’a pas les moyens de répondre aux demandes derrière.
    Pour ce qui est du meilleur taux charge/amélioration, oui, tu abuses (quoique)! 😉
    Je reconnais cependant passer beaucoup trop de temps sur le catalogage (en théorie plus qu’en pratique, d’ailleurs) pour avoir le recul nécessaire et être objective.

    J’avoue aussi ne pas avoir idée de ce que pourraient demander les usagers comme correction et j’aimerais avoir des exemples de ce qui arrive sur STP.
    Jusqu’ici, à la BU, j’ai eu des remarques sur l’absence de tables de matières (oui Monsieur, c’est regrettable mais c’est facultatif dans le Sudoc et les catalogueurs manquent hélas de temps – quand ils n’estiment pas que c’est inutile et qu’on peut les supprimer – mais c’est un autre pb), sur le dépouillement des périos (oui Monsieur, c’est regrettable mais ce n’est pas prévu dans le Sudoc, les catalogueurs manquent hélas de temps et des bases de données font ça très bien), sur l’année de publication (oui Monsieur, mais voyez c’est qu’il y a une notice pour chaque édition et que celle que vous regardez, là, ce n’est pas l’édition la plus récente)…

    S’ajoute le côté wiki de WinIBW : c’est le dernier qui a modifié qui a raison (et on n’a pas l’historique) ce qui veut dire qu’on peut corriger/améliorer et devoir tout recommencer plus tard si un catalogueur a cru bon de remodifier certaines choses.

    Ce sont deux chantiers différents mais il me semblerait plus pertinent dans un premier temps pour assurer la qualité des données d’insister sur la formation et l’expertise des catalogueurs, pour que les choses soient bien faites dès le départ, plutôt que d’en venir à dire qu’on s’en tape, s’il y a un problème les usagers le feront remonter.
    Quoique, si on se voyait interpellé par les usagers eux-mêmes, on se sentirait peut-être plus responsable de son travail et on se rappellerait peut-être mieux à quoi sert ce boulot minutieux de description bibliographique?

    Je ne suis pas frileuse de nature, et je reconnais volontiers être aveuglée par les problématiques catalogo-catalogagraphiques qui font mon quotidien, mais si je dis Youpi aux boutons « signaler une erreur » dans IdRef (tiens, dans IdRef ça va être envoyé à qui?) et Theses.fr, je dis que pour le mammouth Sudoc, on peut pas trop y aller la fleur au fusil, pour que le cercle vertueux ne devienne pas cercle vicieux.

    Ah hem, pardon pour la longue réponse qui ne concerne que ce tout petit passage « est-ce transposable » où il est de toute façon clairement indiqué que c’est plus compliqué pour la base biblio! C’est la faute à Sylvain 😉

  4. Deux mois après l’ouverture du bouton « signaler un problème » dans theses.fr, quelques statistiques.
    En avril 2012, 147 problèmes ont été signalés ; 157 en mai 2012. A titre de comparaison, le guichet ABESstp dédié à theses.fr a reçu au maximum 95 demandes (en octobre 2011). En avril et en mai, le guichet ABESstp dédié à theses.fr n’a pas enregistré de baisse vertigineuse (baisse oui, mais douce). Conclusion : le bouton « signaler un problème » ne remplace le guichet traditionnel, il le complète.
    Les problèmes recensés via cette fonctionnalité de feedback reflète quasi-parfaitement le contenu de theses.fr : 85% d’entre eux concernant des pages de thèses en préparation.
    Les établissements les plus contactés ont reçu moins de quinze mails dans le mois. Ce sont les établissements qui possèdent le plus de données. Beaucoup d’établissements n’ont pas été sollicité du tout.
    Les coordinateurs thèses, correspondants STAR et correspondants STEP ont reçu via leur liste de discussion ad hoc ces statistiques. La discussion et l’analyse peuvent se poursuivre via ces canaux, tout comme via ce blog.
    IMR

  5. Pingback: S’il-te-plaît, dessine-moi le catalogue de demain #2 | LaFacette

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