Autorités vs référentiels : 3 questions aux experts de l’Abes

arabesques85Autorités, identifiants, entités : L’expansion des référentiels. Tel est le titre du dossier de la revue Arabesques n°85 consacré aux référentiels d’autorités.

Le volume et la diversité des métadonnées en circulation dans les systèmes d’information – de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la culture-  exigent de repenser le rôle des référentiels d’autorité. Considérés comme données de confiance au service du développement de l’open data et du web sémantique, ils constituent un capital précieux, une garantie d’indépendance, tout en interrogeant en profondeur les pratiques catalographiques classiques.

Le comité de rédaction  a souhaité apporter un éclairage terminologique en posant 3 questions aux experts de l’Abes en ce domaine : François Mistral, responsable IdRef, Yann Nicolas, expert Métadonnées, Philippe Le Pape, mission Normalisation, Olivier Rousseaux, chef du service Métadonnées. Voici  leurs réponses in extenso.

1 – En tant que professionnel de la documentation, quelles distinctions faites-vous entre « référentiel » et « base d’autorités » ?

François Mistral : Afin d’éviter toute confusion par omission, ajoutons un troisième terme dans ce jeu des distinctions : celui de « nomenclature ». En catalogage, ce seront les données codées – comme par exemple les codes de pays, nomenclature internationale maintenue officiellement par l’ISO 3166 Maintenance Agency (ISO 3166/MA).

Par « référentiel », je retiens surtout l’idée de données de référence et de repère. Cela signifie qu’un référentiel est un jeu de données,  suffisamment vraies, justes, certaines pour être utilisées en confiance afin d’en produire ou d’en agréger d’autres. De fait, ces données de référence sont des points de repère à partir desquelles en situer d’autres avec économie.

Par  « données d’autorité », je retiens la double dimension de contrôle et de légitimité à assurer ce contrôle : ces données font autorité en ce qu’elles contrôlent des données bibliographiques, ce qui met en évidence la nécessaire qualité des données d’autorité, la pratique des sources constituant une de leur plus-value essentielle.

Cependant, outre les différences entre ces termes, je voudrais mettre en évidence l’horizon de leur convergence.  Que les bibliothécaires se persuadent qu’eux-mêmes et les données qu’ils produisent ont la légitimité de coloniser de nouveaux espaces de l’information au profit d’un intérêt tant professionnel que général.

Yann Nicolas :  Selon moi, quand on parle référentiel à l’Abes, on entend « des données qui permettent de décrire nos documents en minimisant le recours à du texte libre », de type listes fermées de « termes » (ex : code pays…) ou listes d’entités (ex :  entité de type Pays)

Décrire les entités de type « Document » étant notre cœur de métier, les entités qui gravitent autour sont considérées comme des entités secondaires « pour nous », comme des moyens et non des fins. Ce qui est tout relatif : un système de gestion des chercheurs français prendra nos documents pour entités secondaires, le Sudoc ou theses.fr devenant un référentiel « pour eux ». Bref, les référentiels des uns peuvent être les données centrales des autres. Ce qui ne veut pas dire que tout peut devenir référentiel.

La tendance actuelle est de transformer les référentiels « liste de termes ou de codes » en référentiels d’entités clairement identifiées : autrement dit, en langage Web sémantique, on passe de « littéraux » (chaînes de caractères simples, ou bien typées) à des « ressources », possédant une URI pour identifiant,  ces ressources pouvant elles-mêmes avoir des attributs, être décrites, succinctement ou longuement, ici ou ailleurs. Connecter nos données à ces référentiels, c’est indirectement enrichir nos données des attributs de ces entités secondaires, et, par transitivité, de proche en proche, à beaucoup d’autres informations.

Traditionnellement, une notice d’autorité remplit ces deux fonctions : identifier clairement une entité grâce à un identifiant précis ; mais également associer à cette entité un nom, un libellé, une étiquette linguistique, un « littéral », un nom propre à retenir comme son nom de référence. En effet, les autorités, de plus en plus ouvertes, vivent dans différents contextes (langues, cultures, types d’application, etc.) et le « bon » terme à afficher peut ne pas être toujours le même. De ce fait, la fonction « terme retenu » est de moins en moins centrale … même s’il faut bien de la chair attachée au squelette de l’entité : des attributs, et parmi eux, des libellés, multiples, qualifiés.

Bref, nos autorités traditionnelles se normalisent : rejoignent d’autres référentiels en tant que liste d’entités clairement identifiées, possédant des attributs et des relations (qualifiées) avec d’autres d’entités (de même type ou non, de même référentiel ou non). Cette normalisation est à la fois intellectuelle et technique. Le paradigme « web sémantique » constitue le vecteur principal de cette normalisation : tout devient Ressource, identifiée de manière univoque à l’échelle universelle grâce à sa (ou ses !) URIs, et ce sont les triplets RDF qui en parlent le mieux…

Philippe Le Pape : Les deux termes s’appliquent à des jeux de données « de référence », statut consacré soit par une labellisation (ex : norme ISO 3166 Codes des noms de pays ; norme ISO 80000-3 Système international de grandeurs, espace et temps ; standard RDA ; standard Unimarc) soit par l’usage (ex : données de theses.fr, de la Bibliographie nationale française). Il s’agit selon moi avant tout d’une distinction d’ordre technique, opérante dans le cadre d’un système de production et d’administration d’un ensemble de métadonnées complexes et organisées.

On nommera « référentiel », l’ensemble de données « outils » auquel on recourt pour garantir la qualité des métadonnées administrées, leur interopérabilité et leur conformité à un standard partagé. Dans cette catégorie entrent les modèles de données, les règles de catalogage, les formats, les nomenclatures (noms et codes de pays, de langue, unités de mesure, coordonnées géographiques..).

Dans un système bibliographique classique, fondé sur le modèle du fichier de notices descriptives dont certains  points d’accès sont contrôlés, les données d’autorité servent à normaliser, unifier et documenter certains de ces points d’accès.  Les données d’autorité ont donc vocation à faire référence pour des tiers, ce qui revient à dire que, dans le cadre d’un système de production de métadonnées, on utilise des référentiels pour produire des données d’autorité.

On remarque que les modèles conceptuels FRBR, FRAD et FRSAD – qui ont ouvert la voie à une conception nouvelle des systèmes bibliographiques, utilisent encore cette terminologie. En revanche, pour le modèle LRM, l’ancienne distinction entre données bibliographiques et  données d’autorité n’existe plus : le modèle ne reconnaît que des entités fonctionnelles en relation les unes avec les autres.

Olivier Rousseaux : « Référentiel : Ensemble auquel doivent appartenir les éléments, les solutions d’un problème posé » (dictionnaire Larousse).

Dans le contexte de l’Abes, les fichiers d’autorités, de même que les listes de données codées, servent à contrôler la cohérence des métadonnées bibliographiques. Ils participent à un ensemble plus vaste qui organise et contraint les métadonnées produites et qui comprend les modèles de données, les formats de saisie, les règles normatives de description, le tout s’inscrivant dans un cadre international – Principes internationaux de catalogage, modèle IFLA LRM (successeur des modèles conceptuels FRBR, FRAD et FRSAD) ou code de catalogage RDA. Des éléments de référence qui s’ajoutent comme autant de « briques », indispensables pour rendre des services tels que le partage de données entre applications, la fourniture à des tiers ou l’exposition.

J’appliquerais donc plutôt le terme de référentiel à cet ensemble qui fonctionne comme un tout avec des règles d’interdépendance et d’interopérabilité de ses constituants. Il permet tout à la fois la cohérence des métadonnées produites, la communication entres les applications documentaires de l’Abes mais également les services de fourniture et d’exposition associés à ces métadonnées.

2 – Ces dernières années, on assiste à la montée en puissance du rôle des référentiels. Comment cela impacte-t-il concrètement votre travail auprès des réseaux de l’Abes / les pratiques de catalogage des professionnels des réseaux ?

François Mistral : En tant que responsable IdRef depuis mon arrivée à l’Abes en 2014, mon activité consiste à encourager cette montée en puissance et à accompagner les professionnels des réseaux en ayant une démarche systémique reposant sur 3 piliers :

  • l’animation du réseau des catalogueurs et notamment des Correspondants autorité, interlocuteurs experts ;
  • l’amélioration de l’outillage professionnel visant à accroître la maîtrise de la production par les producteurs ;
  •  la dissémination multi-canaux et multi-formats des données d’autorité dans et « hors les murs ».

Il reste  encore beaucoup à faire pour informer sur le rôle des référentiels et convaincre des considérables bénéfices attendus et plus encore constatés de leur utilisation dans les Systèmes d’Information, documentaires, de recherche ou autres. Valoriser les données produites par nos réseaux depuis plus de vingt ans et de convaincre de leur capacité à rendre service, sont une source de motivation quotidienne. Nous avons pu étoffer l’offre de service d’IdRef – notamment en matière d’alignements –  afin de la rendre plus attractive. Cette offre est un levier pour démarcher des nouveaux partenaires et intégrer des nouveaux projets, dans lesquels l’un de nos apports spécifiquement «ABES» consiste à promouvoir l’idée centrale et précieuse de « mutualisation ».

Yann Nicolas : Je ne pense qu’à ça !  Ces dernières années, certains collègues et moi avons travaillé sur deux projets : Qualinca et le Hub de métadonnées.
Qualinca est un projet de recherche ANR qui vient de se terminer. L’idée était de produire des algorithmes qui auscultent et améliorent la qualité des liens entre notices bibliographiques et notices d’autorité. Entre Sudoc et IdRef, par exemple. Mais il faut penser plus générique, moins nombriliste : au-delà des données bibliographiques Sudoc et au-delà des autorités IdRef.

Côté hub de métadonnées, on récupère des données hétérogènes en provenance des éditeurs. Notre boulot est d’homogénéiser tout ça, mais aussi de l’enrichir, notamment grâce aux référentiels de toutes sortes : langues, auteurs, sujets, types de document… Il s’agit bien de remplacer (ou compléter) des mots par des identifiants : remplacer un nom d’auteur par un lien vers une URI (IdRef, ISNI, ORCID…) ou remplacer le code « J63 », non pas par le terme « Turnover » du thésaurus JEL (Journal of Economic Literature), mais par un lien vers l’URI de ce concept dans la version Web sémantique de ce thésaurus multilingue – voir : https://punktokomo.abes.fr/2016/05/16/mettre-nos-donnees-en-reseau-un-demonstrateur-4b-les-revues-doxford-up-et-la-classification-jel-economie/
Dans les deux cas, il s’agit de connecter l’information bibliographique à des référentiels, pour mieux la structurer et mieux la connecter, non seulement à l’échelle d’un catalogue, -même collectif ou national, mais à l’échelle du Web !

Philippe Le Pape : On assiste plutôt à une prise de conscience du rôle des référentiels. Dans des systèmes de production partagée de métadonnées tels que le Sudoc, le rôle de la normalisation – qui intègre l’emploi de référentiels – a toujours été crucial. Mais avec la mise en application de RDA, le recours à des vocabulaires contrôlés s’accroît encore – « type de contenu », « type de médiation », « type de support » en sont des exemples.

Olivier Rousseaux : L’Abes est confrontée à ces questions pour avoir posé comme principe, lors de la mise en place même du Sudoc, la réutilisation de référentiels existants : RAMEAU ou FMeSH pour les accès matière, fichiers d’autorités « personnes, collectivités, titres » de la BnF pour les accès auteur ou titre uniforme ; listes de codes ISO (langues, pays) ou Unimarc (codes fonctions pour les auteurs).

Les évolutions les plus importantes : l’accès – foisonnant dans le contexte du web de données – aux métadonnées d’autres référentiels bibliographiques, administratifs ou autres de type  VIAF , base SIRENE de l’INSEE ou Répertoire des structures de recherche au niveau national  (RNSR)  ainsi que les évolutions techniques qui permettent de se projeter dans leur exploitation (solutions d’alignement et/ou d’enrichissement des métadonnées).

A l’Abes, la réflexion porte donc sur les manières d’appréhender les métadonnées de référentiels tiers pour bénéficier de leurs apports potentiels. A minima, il s’agit d’une opportunité d’améliorer, dans nos bases de production, les méthodes de liage automatique  entre notices bibliographiques et autorités de manière à diminuer cette activité pour les catalogueurs. En ce qui concerne le travail de catalogage au quotidien, les perspectives sont également d’exploiter les référentiels afin de développer des outils d’aide à la décision (ex : projet de recherche Qualinca)

3 – Comment envisagez-vous/imaginez-vous le rôle des référentiels dans le paysage de l’IST / au-delà ?

François Mistral : Selon moi, les référentiels actuels laissent entrevoir certaines des évolutions à venir du métier de catalogueur. Les données produites par les bibliothécaires sont promises à un grand avenir, tout l’enjeu étant dans leur structuration. A ce titre, les référentiels vont continuer de croître en importance. En conséquence, le rôle et l’expertise des producteurs de données structurées et structurantes doivent être au centre de nos préoccupations prospectives.

Un point délicat réside dans le fait que « nous autres catalogueurs » devons prendre conscience que nous sommes, aux premières loges, à la fois spectateurs et acteurs de ce phénomène qui dépasse largement notre secteur professionnel. Avec ou malgré nous, les choses se jouent dans notre communauté.

A ce titre, on pourrait imaginer que les référentiels jouent, comme pour les données, un rôle structurant pour l’IST. Ils pourraient amener une reconfiguration plus rationnelle des missions de ses opérateurs, reconfiguration façonnée à leur image : toute entière de spécialisation et de coopération pour un service rendu de haut niveau.

Yann Nicolas  : Vu de l’Abes, en caressant du regard le paysage un peu cacophonique de l’IST en France, j’espère encore une politique publique des référentiels claire. Que chacun joue sa partition, c’est-à dire maintienne et mette à disposition les référentiels qui sont de son ressort. Qu’on évite les doublons où plusieurs font plus ou moins correctement la même chose. Mieux vaudrait qu’un seul le fasse, et de manière excellente ! Par exemple, que le Référentiel national des structures de recherche (RNSR) administré par le MENESR soit, de droit et de fait, reconnu comme LE service public national qui fournit identifiants et attributs de référence pour les laboratoires français. Ce qui n’empêche en rien des clients – comme STAR ou theses.fr – de gérer leurs propres attributs complémentaires, en sus des attributs RNSR, à des fins propres, bibliographiques ou pas. Si possible, gérons nos propres attributs de laboratoires, mais pas nos propres identifiants : accrochons nos attributs aux identifiants RNSR. Même chose pour les autorités de type Entreprise : le référentiel SIRENE de l’INSEE est désormais ouvert !
L’Abes doit être un bon client des référentiels des autres, en même temps qu’un bon fournisseur de référentiels pour les autres, dès lors que son positionnement, son organisation et son capital de données la rendent légitime. C’est le cas, sans conteste, du référentiel des thèses françaises ou celui des chercheurs français.

Philippe Le Pape : On va vers une importance grandissante des identifiants de confiance dans lesquels le « nom », la « forme d’autorité », les données elles-mêmes se trouvent de plus en plus ramassés : le passage des métadonnées bibliographiques de systèmes fermés au Web renforce la nécessité de les normaliser et de les étiqueter en fonction des standards du Web, selon des systèmes d’identification qui pour être efficaces doivent jouir d’une large reconnaissance.

Olivier Rousseaux : Je ne vois pas leur rôle évoluer radicalement dans l’immédiat car leur nature et leurs fonctions perdurent sans être remises en question. J’envisage plutôt une tendance à des rapprochements – entre alignements et fusion- de référentiels existants.
Cependant, pour chaque rapprochement envisagé, les mêmes questions devront être examinées, tout référentiel tiers visé fonctionnant dans un contexte défini et circonscrit qui lui est propre : à quels objectifs répond-il ? à quelles contraintes ? sur quel modèle de données est-il fondé ? quelles en sont les règles d’alimentation ? nos besoins sont-ils couverts par ce référentiel en termes de granularité des données, d’évolutivité et de traçabilité des évolutions apportées ? quels risques et quels avantages y aurait-il à fusionner avec ce référentiel tiers? quelle gouvernance en résultera (technique comme scientifique) et sera-t-elle adaptée à notre contexte ?

Un référentiel tiers est donc à aborder avec prudence afin de mesurer le degré de rapprochement optimal qu’on peut en espérer. De ce point de vue, le projet de « Fichier national des entités » amorcé en mars 2017 entre la BnF et l’Abes répond à ces questions en se positionnant résolument dans la recherche d’une solution de fusion des « traditionnels » fichiers d’autorités existants de part et d’autre au profit d’un fichier national unique géré en co-production.

 

 

CERCLES Bibliothèque Numérique Dalloz : retour d’expérience du SCD de l’université de Strasbourg

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« Genèse » du Chantier CERCLES de la Bibliothèque Numérique Dalloz

Le chantier “CERCLES BNDalloz” a été initié par le SCD de l’Université de Strasbourg en avril 2016 (sa fin est prévue pour le printemps 2017).

Il fait suite à l’immersion de Catherine Storne à l’Abes en janvier/février 2016.
Les objectifs de cette immersion étaient à la fois de rapprocher les équipes “docelec” et “catalogage” pour mieux signaler les ressources électroniques et de circonscrire la relation éditeurs et bibliothèque dans le traitement des métadonnées.

La documentation électronique seconde, voire prend le pas –pour certaines disciplines- sur la documentation papier. Il est dès lors nécessaire aux bibliothèques de s’inscrire comme acteur de leur signalement. Le SCD de l’université de Strasbourg a voulu participer, au travers de ce projet, à cette transition.

Organisation du Chantier CERCLES

L’équipe

L’équipe en charge de ce projet se compose de deux personnes :

  • Stéphanie Himber, responsable du chantier CERCLES BNDalloz.
  • Stéphane Rehlinger

Ne bénéficiant pas de temps dégagé pour se consacrer prioritairement à ce projet, nous y avons travaillé aussi régulièrement que possible lorsque nos activités propres à notre structure nous le permettaient.
Le départ de l’initiatrice du chantier, en septembre 2016, aurait pu nous fragiliser car nous ne disposions alors que des extractions initiales. L’appui des services Interfaces & Traitements et Métadonnées de l’Abes a donc été d’une grande aide : au niveau des outils, nous avons disposé d’extractions ad hoc et bénéficié de modifications en lot ; au niveau de l’accompagnement, nous avons pu nous appuyer sur des conseils et orientations de travail.
Nous avons également pu nous appuyer sur notre collègue Catherine Banos, correspondante “publications en série périodiques et collections” au sein du SCD de l’université de Strasbourg, et sur l’équipe du CR Alsace du Sudoc-PS de la BNUS – Christine Hecht et Estelle Cade – pour les demandes de numérotation ISSN des collections électroniques.

Périmètre du chantier

Le corpus initial – circonscrit en février 2016 – compte environ 1950 notices bibliographiques auxquelles s’ajoutent les versements réguliers de nouveaux titres, soit actuellement près de 2150 notices.
Il convient d’y ajouter les 40 notices de collection dont seulement 6 étaient présentes dans le Sudoc avant le début du chantier.

Lors du travail préparatoire sur ce corpus, les notices Oa ont été créées par copie des notices Aa existantes puis enrichies et corrigées par l’Abes.

Ci-dessous le tableau des modifications apportées par script vbs lors de la création par copie

Notice papier Notice d’e-book correspondante
001 Non repris
002 Non repris
003 Non repris
008 Par défaut : $aOax3
010 Non repris
020 Non repris
021 Non repris
033 Non repris
034 Non repris
035 Remplacé par défaut par : ##$aBNDalloz
073 Non repris
106 Non repris
135 Ajout par défaut : ##$av$br$cm$e#$gm$ia$ja
181 Ajout par défaut : ##$P01$ctxt
182 Ajout par défaut : ##$P01$cc
215 Non repris
225 Non repris
230 Ajout par défaut : ##$aDonnées textuelles
337 Ajout par défaut : ##$aNécessite un logiciel capable de lire un fichier au(x) format(s)Widelook ou Widelook Flash
410 Non repris
452 Ajout par défaut : ##$0″ + ancienPpn
801 Non repris
802 Non repris
830 Non repris

Ci-dessous les enrichissements

zone
010 ISBN électronique
100$a / 210$s dates du tableau-Dalloz ajoutées en 100$a et 210$d (par écrasement de celles éventuellement présentes)
205 Numéro d’édition tiré de la BNDalloz
676 $a340
859 URL fourni par l’OAI-Dalloz

Une fois ces deux opérations terminées, il restait environ 570 notices ou titres à traiter :
Cataloguer les documents électroniques pour lesquels la notice papier n’existe pas ;
Vérifier / corriger les notices Oa déjà présentes dans le Sudoc ;
Vérifier les notices susceptibles d’être des doublons. Dédoublonner quand nécessaire ;
Enrichissement des notices absentes de l’entrepôt OAI-Dalloz.

… et quelques 1830 notices Oa créées par l’Abes à enrichir ou à corriger.

Si la taille de ce corpus est relativement modeste, son signalement dans les catalogues est fortement attendu par les collègues. Aussi, plus que la complexité du traitement catalographique, c’est l’impératif de la réalisation du chantier pour fin 2016/janvier 2017 (comme nous nous l’étions fixé) qui nous a préoccupé.

Organisation du travail

  • Nous avons élaboré des outils de travail que nous avons partagés sur un dossier commun et nous disposions d’un espace collaboratif de travail proposé par l’Abes.

Outils de suivi
▹Tableau de suivi étape par étape ;
▹Tableau de suivi des demandes ISSN ;
▹Tableau des erreurs à corriger : notices doublons, 859 doublons, pb. d’eISBN, erreur de référencement Dalloz, … ;
▹Sauvegarde de plusieurs extractions servant de base de travail ;
▹Tableau détaillé des zones retenues pour le catalogage des documents électroniques.
▹Liste des nouveaux titres versés sur la base depuis mars 2016 : pISBN-eISBN-titre-édition-collection-date de mise en ligne-eppn-URL ;
▹Suivi pour info. au réseau / tableau de bord ;
▹Extractions réalisées par l’Abes.

Le manuel CERCLES de suivi du chantier est disponible ICI

  • Nous avons construit nos scripts vbs :
    Avec Nicole Krieger, correspondante SUDOC pour notre structure, nous avons déterminé les zones Unimarc que nous utiliserons pour créer et enrichir les notices Oa. Dans un document interne, nous avons commenté chaque zone et détaillé la forme du contenu de celle-ci.
    Nous avons formalisé le tout au travers d’un script que nous avons enrichi au fur et à mesure des consignes communiquées par l’Abes (ex. zones 339, 035).

Script vbs des notices bibliographiques :

"010 ##$AISBN$bebook"&vblf&_
"035 ##$aBNDalloz_"&vblf&_
"135 ##$av$br$cm$e#$in"&vblf&_
"181 ##$P01$ctxt"&vblf&_
"182 ##$P01$cc"&vblf&_
"230 ##$aDonnées textuelles"&vblf&_
"303 ##$aDescription d'après la consultation du 2017-MM-JJ"&vblf&_
"304 ##$aTitre provenant de la page de titre de la version électronique"&vblf&_
"305 ##$aVersion électronique de la XXe édition, Paris : Dalloz, 20"&vblf&_
"307 ##$aPagination de l'édition imprimée : XXX p."&vblf&_
"310 ##$aAccès réservé aux usagers des établissements qui en ont fait l'acquisition"&vblf&_
"320 ##$aBibliogr. p. XXX de l'édition imprimée"&vblf&_
"339 ##$aHTML$d20"&vblf&_
"339 ##$aSWF$d20"&vblf&_
"337 ##$aNécessite un logiciel capable de lire un fichier au(x) format(s) Widelook ou Widelook Flash"&vblf&_
"452 ##$0PPN imprimé"&vblf&_
"676 ##$a340$v22"&vblf&_
"830 ##$aChantier CERCLES 2016 ! Ne pas modifier cette notice sans avoir vérifié le périmètre d'intervention sous la responsabilité de : SCD de l'université de Strasbourg. Pour plus d'information, consultez le manuel CERCLES du GM."&vblf

  • Nous avons procédé de la même façon pour les notices Od
    Script vbs des notices de collection :
008 ‎$aOdx3
100 0#‎$a200X‎$d200X-
101 0#‎$afre
102 ##‎$aFR
104 ##‎$ak‎$by‎$cy‎$dba‎$e0‎$ffre
106 ##‎$ar
110 ##‎$ab‎$by‎$cb‎$em‎$f0‎$gy‎$hy‎$i0
135 ##‎$av‎$br‎$cm‎$dn‎$e#‎$gm‎$hn‎$in‎$ja‎$kn
181 ##‎$P01‎$ctxt
182 ##‎$P01‎$cc
200 1#‎$a@Codes Dalloz universitaires et professionnels
210 ##‎$aParis‎$cÉditions Dalloz‎$d[200?]-
230 ##‎$aDonnées textuelles
301 ##‎$aDemande de numérotation ISSN en cours
303 ##‎$aNotice réd. d'après la consultation du 2016-07-06
304 ##‎$aTitre provenant de l'écran-titre
310 ##‎$aL'accès à cette ressource est réservé aux usagers des établissements qui en ont fait l'acquisition.
326 ##‎$aCollection
337 ##‎$aNécessite un logiciel capable de lire un fichier au(x) format(s) Widelook ou Widelook Flash
452 ##$0LIEN VERS Ad
517 ##‎$a@Codes Dalloz

Travaillant à deux personnes sur ce corpus et étant dans des établissements distants, il était capital d’assurer un traitement uniforme des notices au risque de devoir s’entre-corriger.

Le traitement

Suite à l’étude des extractions initiales et à l’étude de la qualité des métadonnées, il a été décidé de créer les notices Oa par duplication des notices Aa pré-existantes et de les corriger / compléter le cas échéant à l’aide des données venues du site  Dalloz.
Aussi, contrairement à d’autres chantiers CERCLES, nous n’avons pas été concernés par la création d’autorités.

Plusieurs opérations ont fait l’objet de modifications en lot par l’Abes à partir d’extractions de sous-ensembles. C’est le cas de l’insertion des zones 035, 225/410, 304, 310, 339, 830, 859.
Le reste des vérifications et traitement des « cas spéciaux » s’est fait manuellement.

Concrètement, les opérations que nous avons eues à mener étaient :

  • des enrichissements ou corrections de notices bibliographiques et de collection : pour cela, nous avons travaillé à partir des extractions initiales et à partir des extractions de sous-ensembles, résultats de modifications en lot, faites tout au long du chantier.
  • des créations de notices bibliographiques et de collection : nous nous sommes appuyés – quand cela a été possible – sur la notice Aa existante que nous avons dupliquée et modifiée à l’aide de notre script.

Chaque création / vérification de notice s’est faite à partir de la « fiche de l’ouvrage » Dalloz + affichage / consultation du document électronique.

Quelques chiffres

Notices de collection Traitement en lot Traitement manuel
Création de notices de collection + demande de numérotation ISSN 39 notices
Doublons
notices dédoublonnées env. 50 notices
URL
Vérification de notices sans URL 34 ppn
Modifications
Insertion zone 010 $a 120 notices
Insertion zone “035BNDalloz” 2081 notices 13 notices
Insertion zones 181/182 5 notices
Insertion zones 225/410 1434 notices 716 notices
Insertion zone 230 1901 notices
Insertion zone 830 1901 notices
Insertion zone 859 “URL” 1726 notices
Zone 859 : substitution de l’URL pointant vers la notice de présentation par l’URL pointant vers le document 380 notices
suppression zone 073 273 notices
Suppression zone 839 30 notices
Créations
création manuelle de notices Oa env. 240 notices

Problèmes rencontrés

  • Numérotation ISSN des collections électroniques :
    L’intitulé de la collection électronique mentionné sur la fiche de présentation de la base Dalloz diffère de la mention de collection signalée sur la page de titre de la version électronique du document (nouvelle collection ou absence de série). Du coup, certaines demandes de numérotation ISSN ont été rejetées par le Centre ISSN France. Ces dernières ont été relancées en mars 2017 avec un dossier étoffé. Sont concernées les collections suivantes :
    ▹Cours
    ▹Dictionnaires Dalloz
    ▹Etudes, mélanges, travaux
    ▹Hors collection
    ▹Hors collection Dalloz / Hors collection Delmas / Hors collection Sirey
  • Communication de l’URL d’accès :
    Nous avons communiqué  les URL au fur et à mesure à l’Abes en complétant un fichier partagé (contenant déjà les PPN des notices créées).  l’Abes ne peut les récupérer directement et facilement via le service dédié Dalloz, un long nettoyage préalable des données récupérées est nécessaire via Open Refine avant de pouvoir les insérer en lot dans les notices.
    Nous avons utilisé le service mis à disposition par Dalloz :
    Test de service BND ☞ http://www.dalloz-bibliotheque.fr/services/bndtest.php?isbn
  • Accès aux anciennes éditions déjà retirées de la base Dalloz. Grâce au même service Dalloz, via l’ISBN (consigné dans les premières extractions) nous avons pu trouver les informations éditeur du document électronique.

dalws

  • Fiche de présentation BNDalloz incomplète ou erronée : absence de l’édition, ISBN doublon, … ;
  • Nombre réduit de connexions simultanées (5) nous obligeant à différer la consultation / le traitement des documents.

Questions soulevées

  • Lors du traitement catalographique :
    • Quel sort réserver à la zone 205 ?
      Pour la BNDalloz, la version électronique est la reproduction de la version imprimée ; c’est donc tout naturellement que Dalloz signale dans la « fiche de présentation » de l’ouvrage électronique, le numéro de l’édition imprimée. La BNDalloz donnant accès à plusieurs éditions du même titre, nous avons choisi de mentionner le numéro d’édition de la version imprimée conformément à ce que Dalloz fait dans sa base.
      Nous avons ajouté également la zone 305 :
      Ex. 305 ##‎$aVersion électronique de la 2e édition, Paris : Dalloz, 2016
    •  Que faire de la mention « matériel d’accompagnement » ?
      Il a été décidé de garder cette information en zone 327.Ex. 327 2#‎$aLa ressource ne donne pas accès aux données contenues sur le CD-ROM accompagnant l’édition imprimée
    • Notices de collection : comment dater le début d’une collection électronique, sachant que la BNDalloz est une base dont la mise à jour est régulière ?
      Il a été convenu que c’est l’année de mise en ligne du premier titre dans la collection qui compte. A défaut de la connaître, nous avons considéré la date comme incertaine :
      100 $a 20XX, 100 $d20XX-… et en 210 $d [20??]-
  • Cas de l’exemplarisation :

La question s’est posée de s’exemplariser de suite sous les notices créées par duplication en février/mars 2016 ou d’attendre la fin du chantier CERCLES.
Certaines bibliothèques, en option « Mises à jour propres » pour leur transferts réguliers, ont décidé de se localiser sous les notices fraîchement créées par copie, au risque de récupérer en local des notices incomplètes et perfectibles. D’autres, en option « toutes mises à jour » ont pu bénéficier de la mise à disposition rapide de nos créations, en ayant la garantie de recevoir au fil de l’eau nos enrichissements.
Ici, le SCD de l’université de Strasbourg a opté pour l’exemplarisation en fin de chantier. Les modalités n’ont pas encore été définies ; il a toutefois été décidé de créer une double localisation si la ressource électronique est présente sur deux bases (le plus souvent ScholarVox) car la BNDalloz est pressentie comme une base relativement stable.

  • La pertinence du corpus :
    Les sciences juridiques étant une discipline pour laquelle l’information est vite obsolète, nous nous sommes demandé s’il était utile et pertinent de signaler des éditions anciennes.
    La réponse n’étant pas clairement tranchée, nous avons traité tous les titres dont nous avions connaissance.
    A voir par la suite si nous procéderons à une sorte de « désherbage » du catalogue.A titre d’exemple, le titre suivant (ppn 191184985) : Comptabilité et gestion des associations : système comptable, gestion financière, analyse et contrôle de gestion / Francis Jaouen. – 11e éd. [à jour au 22 décembre 2008]. – Paris : Dalloz : Delmas, 2009. – (Encyclopédie Delmas).
    La notice ne comporte pas le champ 859 car le titre n’est plus accessible via la base et l’URL n’est pas connu.

Nos impressions sur cette expérience

Ce type de chantier nécessite un investissement important :

  • du temps pour organiser le travail, pour assurer un suivi régulier et être réactif aux diverses sollicitations ;
  • de la concentration pour jongler, au sein de la même journée, entre nos activités initiales et l’étude d’extractions / traitement de notices.

Nous n’avons été que deux personnes à nous lancer dans ce chantier. Après réflexion, cela n’a sans doute pas été un mal car le travail de coordination n’aurait été que plus important si nous avions été plus nombreux.

La création des notices Oa par copie des notices Aa nous a grandement soulagé. Du coup, nous avons eu relativement peu de notices à créer eu égard à la taille du corpus initial.
En outre, il me semble que pour mener à bien ce type de chantier, il est nécessaire de trouver l’appui d’une équipe capable de manipuler les métadonnées dans tous les sens, de faire des extractions du corpus et des modifications d’ensemble. Grâce aux équipes de l’Abes, nous avons pu avancer à pas de géant dans le traitement des notices.

Et la suite ?

Conformément au principe du dispositif CERCLES, où l’établissement reste le référent sur le corpus pour le réseau Sudoc, le SCD de l’université de Strasbourg maintiendra l’effort de mise à jour. En effet, Dalloz fait partie des éditeurs qui ne fournissent pas (encore ?) de métadonnées exploitables qu’il serait possible de traiter de façon automatique ou presque pour alimenter le SUDOC et d’autres outils.
En s’appuyant sur le nombre de titres versés sur la base en 2016, nous pouvons estimer le nombre de nouveaux titres annuels à environ 200.
Se pose en sus la gestion des titres quittant la base : introuvables via la BNDalloz mais consultables si l’URL est connue (… pour le moment).

La page dédiée au corpus Dalloz bibliothèque numérique est désormais disponible dans le manuel import ICI

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« Kandinsky circles int’l july » (CC BY-NC-ND 2.0) by CaZaTo Ma

Stéphanie Himber
Responsable du chantier CERCLES BNDalloz

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