Des documents décrits à la pièce, par ensemble ou par collection ?
Un premier fait est à noter : les fichiers EAD publiés dans Calames et décrivant uniquement des documents iconographiques contiennent pour la plupart des composants et non un <archdesc> seul.
Sur 464 fichiers uniquement dédiés aux collections iconographiques, 66 ne contiennent pas de composants, soit un peu plus de 14%. Leur caractère extrêmement minoritaire témoigne d’une volonté de signaler les fonds iconographiques de manière plus détaillée (mais pas forcément à la pièce, voir plus bas).
Il est également à noter que certains de ces 66 fichiers sont des fichiers de haut niveau dans l’arborescence de l’établissement : ils signalent le fait que l’établissement consacre une partie de son arborescence dans Calames à signaler des fonds exclusivement iconographiques, mais ne décrit pas pour autant un fonds ou une collection en particulier.
La pratique de s’en tenir à un <archdesc> pour décrire un fonds iconographique est donc rare dans Calames : pour rappel, elle n’est pas pour autant écartée et il est parfaitement possible de procéder ainsi, tant de manière temporaire dans l’attente d’avoir les moyens de créer des composants sous le <archdesc> ultérieurement, que de manière définitive car les moyens disponibles pour le signalement au regard de la volumétrie à signaler ne permettent pas de décrire à un niveau de granularité plus fin.
En termes d’évolution des pratiques dans le temps, il est clairement observable que le nombre de ces fichiers décrivant uniquement des documents iconographiques et sans composant est quasiment de 0 jusqu’au milieu des années 2010, puis augmente légèrement, plus particulièrement entre 2019 et 2023, années records d’activité dans Calames, avant de se tasser ces dernières années.
Si on considère les fichiers contenant des composants et uniquement dédiés à l’iconographie, on dénombre 398 fichiers contenant 222 700 composants, soit une moyenne de 497 composants par fichier.
Faut-il en conclure que les documents iconographiques y sont toujours signalés à la pièce ? Non, car une analyse plus précise permet de se rendre compte de pratiques de signalement qui consistent souvent à regrouper la description de plusieurs documents iconographiques formant un ensemble dans un même composant.
Une récente analyse effectuée pour les descriptions de photographies dans Calames a montré qu’au 11 décembre 2025, sur les 143 689 composants décrivant des photographies et publiés à cette date, 5 203 portent un attribut LEVEL dont la valeur indique qu’ils décrivent plusieurs documents et non un seul et 10 496 n’ont pas d’attribut LEVEL, mais contiennent des mots indiquant la matérialité des documents au pluriel (par exemple « photographies » ou « planches »).
De même, dans les fichiers EAD décrivant des fonds d’archives contenant différentes typologies documentaires, dont l’iconographie n’est qu’une des typologies, il est facile d’observer fréquemment la description de plusieurs documents dans le même composant.
La part de l’iconographie dans le catalogue Calames : des vagues de signalement successives et un flux continu
L’évolution des priorités des établissements pour le signalement dans Calames peut s’observer en considérant la date de création des fichiers EAD et celle des composants qu’ils contiennent lorsque c’est le cas.
Depuis l’origine de Calames en 2008, les priorités de signalement dans Calames suivies par les établissements du réseau, qui s’est beaucoup étendu, sont très diverses, mais il est possible de dégager deux grandes tendances.
Pour les fonds exclusivement iconographiques
Pour les fonds exclusivement iconographiques, la tendance est à un signalement par vagues déconnecté de la production totale dans Calames. La datavisualisation suivante montre que le nombre de fichiers EAD décrivant uniquement de l’iconographie créés par an ne suit que rarement l’évolution du nombre total de fichiers créés chaque année dans Calames :
https://public.flourish.studio/visualisation/27633237/
Les années 2013 et 2015 sont celles d’une très forte représentation des fonds exclusivement iconographiques parmi les créations de fichiers : respectivement 60 fichiers décrivent uniquement de l’iconographie sur les 193 créés en 2013 et 64 sur les 259 créés en 2015, comme le montre cette datavisualisation :
https://public.flourish.studio/visualisation/28242157/
Dans un réseau à l’étendue encore relativement réduite (38 établissements en 2013, tous ne produisant pas) cette première vague de 2013 et 2015 peut s’expliquer par la priorité mise sur l’iconographie par quelques établissements.
Après une forte diminution des créations de 2016 à 2018 qui accompagne une diminution générale des créations de fichiers dans Calames, une seconde vague de signalement des fonds iconographiques débute en 2019 et dure jusqu’en 2022. Si 2022 est une année record à la fois pour le nombre de fichiers créés décrivant uniquement de l’iconographie (67) et pour le nombre de fichiers créés au total dans Calames (762), il est néanmoins manifeste que la part des fonds exclusivement iconographiques parmi toutes ces créations n’est plus du tout la même qu’en 2013 ou 2015.
Les années 2013 et 2015 constituent des pics dans la part des créations de fichiers EAD décrivant uniquement de l’iconographie représentant 31% du total des fichiers créés en 2013 et 24% en 2015. Ces pourcentages ne sont plus atteints de nouveau ensuite et les fonds exclusivement iconographiques représentent au mieux entre 10 et 15% des fichiers créés (en 2016, 2017 et de 2019 à 2021), moins de 10% les autres années. Lors de l’année record de 2022, la part des fonds exclusivement iconographiques parmi les créations de fichiers n’est plus que de 8,7%.
La seconde vague est portée par des fonds plus divers et des établissements plus nombreux, même si l’INHA et l’Observatoire de Paris en représentent une bonne part. L’activité du réseau étant beaucoup plus variée à ce moment, le pourcentage de ces fichiers consacrés à l’iconographie sur le total des fichiers créés est plus faible. Il est notable que le déploiement massif des bibliothèques numériques dans le réseau Calames (quelques établissements en sont dotés au début des années 2010, alors que quelques-uns n’en sont pas dotés en 2020) ne semble pas avoir soutenu une croissance régulière du signalement des fonds iconographiques à l’échelle du réseau, mais peut expliquer en partie cette seconde vague de 2019-22.
Pour les documents iconographiques mêlés à d’autres typologies dans un même fonds
Pour les documents iconographiques mêlés à d’autres typologies dans un même fonds d’archives, l’analyse impose de descendre au niveau des composants et une tout autre tendance apparaît alors. La courbe des créations de composants décrivant des documents iconographiques mêlés à d’autres typologies dans le même fichier EAD épouse de manière assez précise celle des créations totales de composants, comme le montre cette datavisualisation :
https://public.flourish.studio/visualisation/27633489/
Il faut y regarder de très près pour voir des divergences : en 2010, la production totale dans Calames est en baisse par rapport à 2009, alors que le nombre de composants décrivant des documents iconographiques dans ces fichiers est en légère hausse ; en 2019, la production totale dans Calames est en très légère baisse par rapport à 2018, alors que la production de composants décrivant des documents iconographiques dans ces fichiers poursuit sa hausse.
Pour les autres années, les deux courbes se suivent, la tendance pour la production totale de composants précède parfois celle des créations de composants décrivant des documents iconographiques, comme les hausses de 2012 et 2015 qui ont précédé celles de la production de composants décrivant des documents iconographiques en 2013 et 2016.
Dans un prochain billet, seront analysés la répartition des descriptions de documents iconographiques entre Calames et Sudoc et les choix de signalement opérés par les établissements membres des deux réseaux liés aux modèles UNIMARC et EAD.